A la demande des évêques de Belgique, une instance a été créée en janvier dernier pour rechercher, communiquer et, le cas échéant, négocier tout ce qui touche au cours de religion catholique dans l’enseignement officiel.
Tout au long de l’année scolaire 2015-2016, le cours de religion sera en pleine mutation dans l’enseignement officiel de la FWB. La Déclaration de politique communautaire (DPC) du gouvernement impose en effet la transformation des deux heures de cours de religion (ou de morale) initialement prévues en une heure de cours de religion et une heure de cours à la citoyenneté. Ce cours sera donné "dans le respect des principes de la neutralité, en lieu et place d’une heure de cours confessionnel ou de morale laïque. Ce cours sera doté de référentiels spécifiques, incluant un apprentissage des valeurs démocratiques, des valeurs des droits de l’Homme, des valeurs du vivre ensemble et une approche historique des philosophies des religions et de la pensée laïque", précise la DPC.
Ce nouveau cours sera obligatoire dès la rentrée scolaire 2016 pour les élèves de primaire et l’année suivante pour le secondaire. C’est notamment pour préparer au mieux cette transition que les évêques de Belgique ont exhorté la mise sur pied d’une Instance pour le cours de religion catholique dans l’enseignement officiel. "Une équipe se met en place progressivement pour (re)travailler le programme du cours de religion de manière à ce que le cours en lui-même puisse développer des liens et être en interaction positive avec ce nouveau cours de philosophie et de citoyenneté", explique Claude Gillard, Délégué épiscopal pour l’enseignement de l’archevêché de Malines-Bruxelles et président de l’Instance (photo).
Par le passé, rappelle-t-il, le cours de religion "a été réécrit à maintes reprises de manière à être toujours le plus en phase possible avec la culture de notre temps, avec les élèves auxquels ce cours est donné, dans le respect de la cohérence de notre foi." Une réécriture réfléchie qui, si elle doit être aboutie pour la prochaine rentrée scolaire, sera la priorité des travaux et réflexions de l’Instance. "Travailler ce couplage entre le cours de religion et le cours de citoyenneté nous paraît être une intuition qui est constructive, qui est ouverte au dialogue, qui reste dans la cohérence propre d’un cours de religion catholique", poursuit le délégué épiscopal. "Si on regarde le programme du cours de religion tel qu’il se donne dans l’enseignement secondaire, on remarque que les élèves et leur professeur travaillent déjà une série de compétences qui touchent notamment au dialogue interconfessionnel, à la citoyenneté, aux questionnements philosophiques. Ces compétences sont donc déjà inscrites dans notre programme", souligne Claude Gillard.
Si du côté des enseignants, certains s’inquiètent de la situation, d’autres sont déterminés à voir dans ce tournant un élan positif. "Malgré tous les débats qui suscitent des inquiétudes auprès des enseignants, je constate que beaucoup de candidats demandent à pouvoir assurer le cours de religion", confie encore M. Gillard. "Dans la grande majorité des cas, je reste émerveillé, et je pèse mes mots, par leur enthousiasme, leur souhait de continuer à œuvrer dans le cadre de ce cours qui, j’insiste, est un cours tout à fait passionnant."
Le président de l’Instance rappelle qu’environ 330.000 élèves sont scolarisés en communauté française, tous réseaux confondus. Parmi eux, 230.000 sont inscrits au cours de religion catholique. "Puisque nous représentons 70% des parents qui ont opéré ce choix, conclut-il, cela suppose que notre voix doit être entendue."
Sophie Timmermans
Pour plus d’infos sur l’Instance ou pour partager vos interrogations ou réflexions, une seule adresse: [email protected]. Pour lire le référentiel de compétences du cours de religion catholique: https://enseignement.catholique.be/segec/fileadmin/DocsFede/FESeC/religion/refeentielsreligioncatholique.pdf.


