Ce lundi, le ministre de l'emploi, Kris Peeters (CD&V), a annoncé l'abandon pur et simple de la mesure qui devait garantir durant deux mois le salaire des travailleurs malades. C'est un nouveau coup dur pour les travailleurs a réagi la CSC.
Dès le 1er janvier 2016, la période de salaire garanti en cas d'incapacité de travail devait passer à deux mois au lieu d'un seul. Il n'en sera rien. Cette mesure qui visait à harmoniser les statuts d'employé et d'ouvrier et qui devait permettre à l'Inami d'économiser 345 millions d'euros a été mise au placard par le gouvernement. Les organisations patronales se sont dites soulagées par ce changement de cap. Elles avaient largement dénoncé une formule dont la charge allait être supportée par les employeurs. "L'extension du salaire garanti était le seul point positif pour les employés dans l'accord de gouvernement" a commenté la CSC.
Le "tax shift", un échec social et fiscal
La réforme fiscale annoncée depuis des mois est loin d'avoir apporté les avancées attendues en matière de justice sociale. Les mesures avancées la semaine dernière par le gouvernement Michel vont pénaliser la classe moyenne. Les plus fortunés et les entreprises, eux, sortent gagnants de ces nouveaux accords. Le tax shift doit améliorer quelque peu la situation des citoyens qui touchent des bas salaires, avec une augmentation du salaire net. "Toutefois, note la CSC, en décidant d’augmenter les accises et la TVA sur l’électricité, le gouvernement récupère d’une main, et deux fois plutôt qu’une, ce qu’il donne de l’autre. En outre, les montants réclamés aux chômeurs, aux malades ou aux pensionnés ne cessent d’augmenter puisque la baisse de leurs impôts ne leur rapporte rien du tout.
"De nouvelles économies sont également annoncées dans la sécurité sociale et les services publics", remarque encore la CSC qui estime que le citoyen lambda payera les frais de ces mesures. "Cette coalition rate une formidable occasion en matière de justice fiscale. Ce tax shift libéral est un grand échec, à la fois social et fiscal", conclut le communiqué de la CSC.
La promesse de Charles Michel
Une image de campagne dans laquelle Charles Michel se félicitait en novembre 2013 du passage de la TVA sur l'électricité de 21 à 6%, resurgit depuis la fin de la semaine passée sur les réseaux sociaux. Les internautes remercient ironiquement le Premier ministre pour ce cadeau fiscal qui leur sera retiré dès le 1er septembre. Selon les observateurs économiques, cette hausse de la TVA pourrait représenter une augmentation de 250 euros sur la facture du consommateur. "Promesse tenue" pouvait-on lire en lettres capitales, dans la communication de Charles Michel. Et en dessous, comme le souligne RTL info, une citation du premier ministre actuel lui-même: "À force de ténacité, nous avons pu convaincre qu’il est essentiel d’augmenter le pouvoir d’achat des citoyens à l’heure où les dépenses énergétiques représentent une lourde charge financière dans le budget des familles". Moins de deux ans plus tard, l'électeur se fera une idée de la valeur des promesses politiques du MR.
MVL (avec RTL info)

