A l'instar de la Wallonie, Bruxelles aura son plan Marshall. Le gouvernement de Rudi Vervoort (PS) a présenté sa "Stratégie 2025" avec 18 objectifs à atteindre afin que la région aille mieux dans 10 ans.
"On a longtemps considéré Bruxelles comme le problème de ce pays. Je souhaite qu’avec la Stratégie 2025, on en parle comme d’une solution", a déclaré le ministre-Président bruxellois Rudi Vervoort. Dans un document de près de 100 pages ratifié par les huit ministres régionaux, la région de Bruxelles a indiqué les objectifs qu'elle s'est fixée pour y parvenir d'ici 2025. Il y est notamment question d'un ensemble de grands investissements publics sur différents sites qui devraient générer des milliers d'emplois. Ces nouveaux quartiers vont du Heysel à Tour et Taxis en passant par Reyers, les friches proches de la gare de l’Ouest, le quartier du Midi, la zone du canal, les casernes d’Ixelles… La réhabilitation des prisons de Saint-Gilles et Forest, et l’aménagement de 80 kilomètres de nouvelles pistes cyclables sont également planifiés. Par ailleurs, un cadastre des immeubles de bureaux susceptibles d’être convertis en établissements scolaires est envisagé. Vu le boom démographique de Bruxelles, il est urgent en effet de créer de nouvelles écoles.
Soutenir les secteurs porteurs d'emploi
La région a aussi mis en évidence sa volonté de combattre le chômage qui atteint des proportions inquiétantes à Bruxelles. Pour cela, elle prévoit de soutenir huit secteurs qui sont porteurs d'emploi (comme le tourisme, les métiers du social et de la santé, les métiers de bouche…). Elle mise aussi sur un travail en amont, à savoir sur la qualité de l’enseignement. Pour cela, des accords de coopération avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Communauté flamande, compétentes en matière d’enseignement, seront prévus afin de permettre l’ascension sociale des jeunes Bruxellois. Il est aussi question de la création d’une école normale bilingue, à destination des futurs instituteurs bruxellois…
Dans un contexte de désindustrialisation, la région s'engage aussi à porter "une attention toute particulière" aux trois grandes entreprises industrielles encore en activité à Bruxelles, à savoir Audi, la Sabca et Viangros. La région Bruxelles-capitale a beau avoir l’un des PIB par habitant les plus florissants d’Europe et une croissance économique supérieure à la moyenne nationale, sa santé sociale est particulièrement préoccupante.
Quant aux moyens, le gouvernement bruxellois entend bien tirer parti de la 6e réforme de l’Etat qui a octroyé aux régions de nouveaux leviers fiscaux. Il veut élaborer une authentique réforme fiscale d'ici 2017, qui devrait s’accompagner d’un "tax shift". Il est question d’opérer un glissement de la fiscalité sur le travail vers la fiscalité sur le foncier.
Au total, 160 mesures concrètes ont été prévues par la Région de Bruxelles.
P.G. (avec La Libre)

