Le chemins de croix semblent revenir en force en Belgique, principalement à Bruxelles, avec l'apport des communautés d'origine étrangère qui sont attachées à cette tradition, encore très vivante dans les pays du sud et de l'est de l'Europe. Reportage à la Viale Europe.
Polonais, Sud-Américains, Irlandais, Africains ou Belges… c'est un public largement international qui s'est rassemblé ce vendredi 27 mars à la Viale Europe pour le dernier rendez-vous du chemin de croix avant Pâques. Six semaines de suite, les participants ont répondu présents pour un moment de partage, de prière et d'intériorité. Ce cycle de chemins de croix a été initié par un groupe de laïcs (Irmina, Colette et Cédric). Inspirés par les œuvres du père Xavier Dijon, qui ornent depuis peu les murs de l'église du Saint-Sacrement, les organisateurs ont lancé ce projet en 2014 avec le soutien de la communauté du lieu. Pour cette deuxième édition, l'animation de chaque soirée a été confiée à différents groupes ou communautés qui proposaient leur propre animation musicale ainsi que des textes méditatifs pour accompagner les stations: Night Fever, la chorale polonaise du Foyer catholique, le groupe africain Kristu Bolingo, la communauté du renouveau charismatique Alléluia ou encore la communauté anglophone de Saint-Joseph.
Partager sa souffrance
Pour le père Jean-Louis Van Wymeersch, de la communauté de la Viale Europe, ce chemin de croix qui rassemble des jeunes comme des moins jeunes, des familles et des personnes seules est un signe d'unité très fort. "C'est important de voir les gens qui retrouvent ce chemin de prière, simple. Dans ce chemin où la souffrance du Christ est déployée, les participants retrouvent leur vie. Quand on écoute les gens, on remarque qu'ils passent par des moments difficiles, qu'ils portent des choses lourdes. Se rendre compte que le Christ passe par la souffrance et vient nous rejoindre à cet endroit-là, ça guérit et nous redonne le ton juste pour porter nos propres épreuves", observe le père Van Wymeersch.
Une perspective optimiste
"Venez à moi, vous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau et je vous soulagerai" (Mt 11,28). Les organisateurs ont choisi ce verset de l'Evangile comme thème principal pour l'ensemble des six soirées. Ils tenaient ainsi à associer une perspective optimiste à la démarche: "Le pape François constate dans Evangelii Gaudium qu’il y a des chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques. Cependant, Jésus invite et promet de nous soulager. C’est vraiment une bonne Nouvelle d'autant plus que chacun a son fardeau tellement pesant: la pression du travail, la maladie, les difficultés économiques. Plus les problèmes se multiplient, plus cette invitation évangélique devient d’actualité… Jésus est capable d’éveiller la joie de la foi, comme une confiance secrète mais ferme, même au milieu des pires soucis", note Irmina Nockiewicz. La jeune organisatrice estime que ce chemin de croix est également l'occasion de "marquer un stop dans nos activités de tous les jours en prenant le temps de vivre les dernières heures de la vie de Jésus. Pour se convertir, se confesser, se laver de ses péchés pour monter vers Pâques". C'est pour cette raison que les initiateurs du projet ont tenu à intégrer des temps de réconciliation en présence de plusieurs prêtres pendant que l'assemblée est invitée à prier en silence. Durant ce dernier temps, chacun peut s'approcher de la croix et la vénérer à sa manière et aussi écrire une intention qui sera confiée à la prière des sœurs carmélites de Bruxelles.
Manu VAN LIER
Infos et photos: facebook.com/WayofthCrossBrussels
Retrouvez ce reportage en radio dans l'émission spéciale Il était une foi du vendredi 3 avril 2015, à 21h sur La Première (RTBF)
