La canonisation annoncée de deux religieuses palestiniennes représente un motif de "réconfort" pour les chrétiens de Terre sainte, affirme Mgr Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem, dans une lettre pastorale publiée à cette occasion.
Les deux religieuses canonisées sont mère Marie-Alphonsine Ghattas de Jérusalem, fondatrice de la congrégation des Sœurs du Rosaire (1843-1927) et sœur Mariam de Jésus crucifié – au siècle Mariam Baouardi – d’Ibillîne en Galilée, fondatrice du Carmel de Bethléem (1846-1878).
Un réconfort pour la Terre Sainte
"La nouvelle de la canonisation de ces deux religieuses est tombée comme une céleste rosée sur notre terre minée par la soif d’amour et de justice et décimée par la violence." Cette double canonisation "vient nous redonner confiance et espérance dans le Christ. Le Seigneur veut réconforter nos pays déchirés par les conflits et les guerres, et nos populations souffrant d’injustices continuelles", estime le patriarche.
Ces deux figures "sont des lampes pour nos pas", affirme le patriarche : "Par leur amour et leur foi, elles éclairent leurs familles religieuses ainsi que les fidèles de Terre Sainte, du Moyen Orient et du monde entier... Aucun risque de rester dans "les ténèbres extérieures", ni pour elles ni pour les personnes qui marchent à leur suite !"
La sainteté est ancrée dans la vie
Le patriarche médite aussi sur la signification de la sainteté qui ne consiste pas à "fuir le monde" : "Les fidèles ne sont pas tous appelés à s’enfermer dans des cloîtres, des monastères ou des couvents pour devenir des Saints. Devant Dieu, chacune et chacun doit répondre à sa vocation selon son mode de vie. Etre saint c’est simplement être fidèle à sa vocation chrétienne... Si vous êtes prêtre, religieuse, père ou mère de famille, étudiant, travailleur, ouvrier, employé… votre sainteté consiste à vivre fidèlement votre foi, selon votre mode de vie."
"Sainteté ne signifie ni tristesse ni mélancolie, mais joie ! Elle n’est pas davantage un appel à mépriser la vie présente et ses joies, mais un appel à la vie véritable et à la joie authentique", poursuit-il : "La sainteté se fonde sur la charité. Plus notre amour est fort, plus notre sainteté augmente".
Sainte Marie-Alphonsine par exemple "a vécu une charité héroïque" : "Après sa mort, l’une des Religieuses qui l’avaient connue a rendu ce témoignage : "J’ai eu la grâce de vivre six ans avec Mère Marie-Alphonsine à Bethléem. J’affirme ne l’avoir jamais entendu diffamer le prochain.""
Le patriarche conclut en invitant à "invoquer leur intercession" et à "les imiter" : "Souvenons-nous que l’amour auquel nous sommes appelés ne se réalise que par un don total de soi sans calcul et sans retour, selon le modèle de ces deux Filles de notre terre qui désormais intercèdent pour nous. Il n’est pas impossible à la grâce de Dieu d’accomplir en nous aussi ces grandes choses !"
zenit/at

