Adoptions forcées : l’Eglise compatit à la souffrance des victimes


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Adoptions forcées : l’Eglise compatit à la souffrance des victimes
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
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Digital StillCameraMercredi 3 décembre, Mgr Herman Cosijns, secrétaire de la Conférence épiscopale était auditionné au Parlement flamand sur l’affaire des adoptions forcées des années 50 à 80. Il a assuré que l’Eglise était prête à présenter ses excuses si l’enquête en cours venait à l’incriminer.

Dans les décennies 50 à 80, plusieurs familles belges ont été contraintes de confier leur bébé à l’adoption. Le Parlement flamand organise actuellement une série d’auditions pour tenter de lever le voile sur cette affaire qui bouleversa le pays durant la seconde moitié du siècle dernier.

Marleen Adriaens, de l’association féminine Mater Matuta, était présente hier pour livrer son témoignage devant les parlementaires. Elle a déclaré qu’en Belgique, 30.000 cas d’adoptions forcées auraient potentiellement eu lieu entre les années 60 et 80. Devant la commission, elle a dressé le portrait d'un système dans lequel, selon elle, tant les institutions religieuses que les services d'adoption, les parents, les hôpitaux ou les services communaux ont joué un rôle.

L’Eglise catholique n’a pas tardé à réagir en publiant ce jeudi 4 décembre un communiqué. "L'Eglise catholique prend la question des adoptions forcées dans les années 1950 jusqu'en 1980 très au sérieux et compatit à la souffrance des victimes. L’Eglise est prête à présenter ses excuses pour sa part de responsabilité dans ce dossier complexe", stipule le texte.

Le père Tommy Scholtes, porte-parole de la Conférence épiscopale a précisé: "Hier, aux côtés de Mgr Herman Cosijns qui suit le dossier depuis des mois, nous avons entendu le témoignage des victimes d'adoptions forcées et l’intervention de Marleen Adriaens de Mater Matuta". La Conférence épiscopale ne reste pas indifférente "à la souffrance des mères et leurs enfants", a-t-il ajouté. "Dès le début de l’affaire, les évêques ont exhorté l’ouverture d’une enquête indépendante et ont exprimé leur volonté de contribuer pleinement avec toutes les parties impliquées."

Le père Scholtes a poursuivi: "A l’issue de l’audience d’hier, il était clairement apparu que la responsabilité est partagée dans cette affaire et a affirmé voir clairement une responsabilité partagée dans cette affaire. Pas moins de 84 organisations, et pas seulement des organisations religieuses, ont joué un rôle de médiateur dans le dossier des adoptions". Et de conclure: "L’enquête en cours permettra de révéler la part de responsabilité de l’Eglise dans le dossier. Et elle sera prête à présenter ses excuses", le cas échéant.

S.T.

 

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