Postée le 24 août, une lettre de sœur Maria Hanna o.p. décrit la situation des chrétiens et exhorte les croyants à s'unir dans la prière. Les survivants sont contraints de quitter leur pays pour tenter d'assurer un avenir à leurs enfants. Extraits ci-dessous.
"Les choses évoluent très doucement au niveau de la fourniture d’abris, de nourriture et de biens de première nécessité aux personnes déplacées. Il y a encore des gens qui vivent dans les rues. Il n’y a toujours pas de camps organisés, en dehors des écoles qui sont utilisées comme centres pour les réfugiés. Des édifices en construction ont aussi été utilisés comme camps de réfugiés. Dans ces immeubles en construction, les familles utilisent des feuilles en plastique données par le HCRNU pour avoir un semblant de vie privée. Ces lieux ressemblent à des écuries."
"Il y a notamment deux minorités (Chrétienne et Yézédis), qui ont perdu leur terre, leur maison, leurs biens, leur travail et leur argent… certains ont été séparés de leur famille et de leurs proches, et tous sont persécutés pour leur religion."
"Nos représentants religieux font de leur mieux pour résoudre la question. Ils ont rencontré des dirigeants politiques, les Présidents de l’Irak et du Kurdistan, mais les initiatives et les actions des dirigeants politiques sont vraiment lentes et modestes. En fait, les réunions politiques n’ont débouché sur rien. Jusqu’à présent, aucune décision n’a été prise sur la situation actuelle des minorités déplacées."
Perte de diginité
"Les gens pensent que la dignité leur a été ôtée, qu’ils sont persécutés à cause de leur religion."
"Quoi qu’il en soit, ce qui se passe dans les camps avec les personnes déplacées n’est qu’une pointe de l’iceberg car la situation de nos villes Chrétiennes évacuées est encore pire. L’IS a forcé tous ceux qui n’avaient pas quitté leur ville avant le 6 août à laisser leurs maisons."
"En outre, nous savons qu’il y a des familles Chrétiennes qui sont bloquées à Sinjar depuis plus de trois semaines; elles sont certainement restées sans nourriture et sans eau. Si on ne les aide pas, elles mourront certainement là-bas. Jusqu’à présent, il n’est pas possible d’entrer en contact avec elles ni de négocier avec l’IS."
"En ce qui concerne notre communauté, nous savons que notre couvent de Tel Kaif est utilisé par l’IS comme quartier général. Nous savons aussi qu’ils sont rentrés dans notre couvent de Karakosh. Les derniers arrivants nous ont dit que toutes les images saintes, les icônes et les statues ont été détruites. Les croix ont été enlevées du toit des églises et ont été remplacées par des drapeaux de l’IS."
"Hier, le vendredi 22 août, un kamikaze Shiite et un homme armé ont attaqué la mosquée Sunnite de Abou Mussab dans un village sous le contrôle du gouvernement Irakien, dans la province de Diyala. Il y a eu 68 morts. Il est terrible de penser que ces personnes sont mortes pendant qu’elles priaient."
Retrouvez la lettre complète en cliquant ici

