La fête de l’Assomption ouvre les portes de l’espérance chrétienne. Avec Marie, pleinement humaine, qui vit dans la plénitude de Dieu, la vie éternelle ne nous paraît plus inaccessible.
La dernière mention de Marie dans le Nouveau testament se trouve au début du Livre des Actes qui nous la montre avec les apôtres "persévérants dans la prière". Après cela, on n'en parle plus. Elle se fond avec l'Eglise. Celle-ci lui donnera par la suite divers titres. Elle est la Mère de Dieu (la Theotokos - 5e siècle), la Mère de l'Eglise (Paul VI, le 21/11/1964) . A partir de la fin du 7e siècle, on célébrera le 15 août la fête de la Dormition de Marie, qui deviendra ensuite en 1950 celle de son Assomption. Développons en deux aspects.
L’espérance chrétienne devant la mort se fonde tout entière sur le seul événement unique et central de la mort et la résurrection du Seigneur Jésus. Saint Paul nous le rappelle dans la seconde lecture: "Le Christ est ressuscité des morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité."
Il nous est difficile, pourtant, de ne pas désespérer quand nous vivons la douleur de la mort d'un proche! Il nous semble inconcevable que notre corps, que l'on voit tôt ou tard décliner, devienne le lieu de notre éternité!
C'est pourquoi la solennité que nous célébrons à l'Assomption vient éclairer notre foi et soutenir notre espérance devant la mort. Puisqu'une créature humaine, comme nous, vit déjà en plénitude en Dieu, la vie éternelle ne nous paraît plus si lointaine et inaccessible. La glorification de la Mère de Jésus annonce notre propre résurrection.
Ce n'est pas seulement dans son âme que la Mère de Dieu est entrée dans la gloire du ciel, c'est avec son corps. Ce corps qui a marché en hâte dans les monts de Judée pour rendre visite à Elisabeth, ce corps qui a porté et enfanté le Fils du Très-Haut, c'est celui-là qui est "préservé de la dégradation du tombeau" et glorifié dans le ciel. Ce corps avec lequel nous prions, nous servons, nous aimons et nous faisons le bien n'est pas un vêtement extérieur à nous-mêmes dont nous serions un jour dépouillés. C'est avec lui que nous sommes destinés à partager dans le Christ, avec Marie et tous les saints, la vie divine.
Marie, icône de l'Eglise
La première lecture, tirée de l'Apocalypse de saint Jean, élargit notre perspective sur l'Assomption en nous donnant aujourd'hui à regarder un signe étonnant. Qui est cette femme et cet enfant qu'elle met au monde dans les douleurs? Il s'agit bien sûr du Christ, "le berger de toutes les nations". Mais cette naissance évoque tout autant l'enfantement des croyants. Cet accouchement laborieux, est ce qui permet à un homme de devenir un membre de Jésus-Christ par la foi et le baptême.
De même, la femme auréolée de gloire est d'abord l'Eglise qui donne la vie du Christ au monde. Elle est aussi Marie, la Mère de Jésus qui, se tenant dans la douleur au pied de la croix, devient la mère de tout disciple (Jean 19, 26.). La femme parée des astres de l'univers est une figure qui nous révèle dans un même langage symbolique la maternité spirituelle de la Vierge Marie et celle de l'Eglise. L'élévation de la Vierge Marie dans le ciel nous donne de contempler le mystère de l'Eglise dans son achèvement futur.
Ne nous laissons pas accabler par tous les bruits de violence, de guerre et de mort autour de nous. En ce jour, quel que soit notre âge, que nous soyons des adolescents de l'âge de Marie quand elle courait visiter Elisabeth, ou des personnes plus âgées, comme Elisabeth, ou même de vieillards, laissons l'enfant qui demeure toujours en chacun de nous entendre la salutation de Marie et tressaillir aussi de joie.
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