Dans l’État du Kerala, en Inde, le gouvernement local veut interdire l’alcool durant une dizaine d’années. Une décision qui inquiète l’Église qui utilise le vin pour la célébration de l’Eucharistie.
L’actuel premier ministre du Kerala, Oommen Chandy, est issu d’une famille syriaque-orthodoxe, mais cela ne l’a pas empêché de céder aux pressions des milieux hindouistes pour décréter, début août, que la consommation, la production et la vente d’alcool seraient interdites dans tout le Kerala. Selon le "Times of India", depuis le 1er avril dernier "déjà 418 bars ont vu leur licence non renouvelée et le gouvernement cherche la possibilité légale de mettre un terme dès à présent aux licences de 312 autres bars".
Il faut dire que le seul Kerala représente 16 % de la consommation nationale d’alcool, et que la moyenne de consommation d’alcool par habitant est la plus élevée d’Inde : 8,3 litres par personne et par an, en comparaison de 4 litres ailleurs.
Pour une période de dix ans
Cette interdiction, annoncée pour une période de dix ans à partir du 1er avril 2015, inquiète les différentes Églises présentes au Kerala. Selon l’agence d’information catholique Ucanews, les Églises anglicane, orthodoxe et malankare ne verraient pas d’inconvénients à utiliser du jus de raisin, mais l'Eglise catholique reste attachée à conserver le vin pour la célébration de l’Eucharistie. Elle espère qu'une licence spéciale lui sera accordée pour lui permettre de fabriquer son propre du vin de messe.
Mais des fondamentalistes hindouistes ont déjà fait savoir qu’ils allaient demander au gouvernement du Kerala d’annuler ces permis, arguant que les Églises ne peuvent s’élever au-dessus de la loi et considérant que certains fidèles pourraient profiter de cette licence pour revendre le vin de messe.
(D'après la Croix)

