Synode 2014 : la volonté d’accompagner les divorcés-remariés


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Synode 2014 : la volonté d’accompagner les divorcés-remariés
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

ErdoLe cardinal Erdő commente l'Instrument de travail qui va servir de base au Synode d’octobre sur la famille.

Pour le prochain synode "extraordinaire" des évêques sur la famille en octobre 2014, l’Eglise a la volonté d’accompagner le chemin des personnes s'étant mariées religieusement puis divorcées et remariées civilement. Cette volonté a été longuement expliquée hier par le cardinal Erdő.

L' Instrumentum laboris (Document de travail) du synode qui aura lieu du 5 au 19 octobre 2014 sur le thème "Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation", a été publié ce jeudi 26 juin.

Il a été présenté au Vatican par le cardinal italien Lorenzo Baldisseri, Secrétaire général du synode, le cardinal Peter Erdő, archevêque d'Esztergom-Budapest (Hongrie), Rapporteur général, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris (France), président délégué et Mgr Bruno Forte, archevêque de Chieti-Vasto (Italie), secrétaire spécial.

Elaboré à partir des réponses au questionnaire envoyé à l'automne 2013 par les épiscopats du monde, l'Instrument de travail cherche "à mieux identifier les problèmes liés à la pastorale des familles", a expliqué le cardinal Erdő.

Des valeurs mal comprises

"Le document offre un panorama de la situation de cette pastorale", a-t-il précisé.

Le document constate que si les vérités "les plus essentielles de l'Evangile" sont "largement connues" par le Peuple de Dieu, les documents du Magistère le sont moins. En outre, "si parmi les croyants certains acceptent ces vérités et en sont convaincus, d'autres restent critiques ou résistants quant à certains aspects". Il est rare qu’un document interne mette le doigt sur une aussi grosse faille de la mission d’enseignement de l’Eglise: son message en matière de famille n’est pas perçu comme légitime, et ce, même parmi ses fidèles.

Le document diagnostique aussi "un élément marquant au niveau sociologique: le refus plus ou moins général des institutions". Dans un monde marqué par de plus en plus "d’individualisme et de subjectivisme", l’Instrumentum laboris dresse le constat terrifiant d’un peuple chrétien qui a beaucoup de mal à saisir la grandeur de la vision chrétienne de la famille.

Un constat qui peut se voir dans la solidité des couples ou dans leur ouverture à la vie. "Dans de nombreuses régions du monde, les réponses ont montré que les gens se marient de moins en moins, même civilement", a ajouté le primat de Hongrie.

Des incompréhensions sur les sacrements

Evoquant diverses situations difficiles pour les familles (travail précaire, migration, pauvreté, guerres...), le cardinal s'est arrêté plus longuement sur la question des personnes divorcées remariées: "certains pays parlent d'une 'souffrance de ne pas pouvoir participer aux sacrements' mais dans d'autres pays beaucoup ne demandent rien car ils ne savent pas qu'ils ne peuvent pas participer aux sacrements, ou bien ils y sont indifférents". Un retour de la base qui souligne que la participation aux sacrements (telle la communion à la messe) est encore trop souvent perçue comme "un droit" ou "un privilège" et non pas comme une étape dans l’approfondissement de la vie chrétienne.

Au vu de la situation de nombreux couples d’Europe et d’Amérique du nord, le cardinal Erdö tient à souligner que leur cheminement spirituel ne suit pas toujours leur situation familiale. "Ces personnes découvrent à la lumière de leur foi ‘retrouvée’ que leur condition matrimoniale actuelle présente des problèmes dans leur vie ecclésiale", a expliqué le cardinal.

Ces personnes sont en recherche d’une harmonie entre leur foi et leur vie familiale. Le synode sur la famille devrait les aider à distinguer les bons chemins à prendre.

M.B. (avec Zenit)

Catégorie : Société

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