La religion du ballon rond


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La religion du ballon rond
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

foot_priereCe jeudi 12 juin marque le début de la Coupe du Monde de football au Brésil. Un événement qui ne concerne que les amateurs du 'ballon rond'? Pas si sûr.

Le "Mondial", c'est l'événement sportif par excellence. Ce soir, le temps d'un match, les Brésiliens mettront peut-être de côté les difficultés économiques et sociales qu'ils rencontrent pour se laisser emporter par la passion du football. Une passion qui a, pour certains, des accents de religion. Récemment, la marque de bière brésilienne Foca jouait sur cette idée en proposant de faire reconnaître le football comme religion officielle au Brésil. Le brasseur demandait de cette manière que les salariés puissent être libérés pendant la Coupe du Monde pour "pratiquer leur foi". Un joli coup de pub dans ce pays où religion et sport ne sont pas incompatibles… La preuve avec l'ancienne pépite du football brésilien Kaka qui affichait librement sa foi jusque sur le terrain: sous son maillot, un t-shirt portait cette inscription "I belong to Jesus" (J'appartiens à Jésus).

"Jesus football club"

Le 8 janvier l'émission "Enquête de foot" sur Canal+ consacrait un documentaire intitulé "Jesus football club" sur un phénomène qui a pris de l'ampleur sur les terrains: les démonstrations de ferveur religieuse. Les joueurs font un signe de croix lors de leur entrée sur le terrain, lèvent les mains au ciel après un but ou remercient Dieu ou le Christ lors des interviews. La tendance s'est accentuée ces dernières années avec l'afflux massif de joueurs originaires d'Amérique du Sud. Le documentaire donne l'exemple du Mexicain Radamel Falcao, buteur vedette de l'AS Monaco qui, sur une chaîne argentine, avait clamé son "amour infini pour le Christ". L'émission pointait également l'influence des églises évangélistes qui attirent des fidèles jusque dans les rangs de joueurs européens. L'international français Blaise Matuidi (PSG) se serait ainsi converti suite au travail d'évangélisation de son partenaire d'origine brésilienne Marco Ceara, pasteur évangéliste en dehors des pelouses. D'autres stars sud-américaines évoluant au Paris Saint-Germain sont également profondément croyants: les Brésiliens Alex et Maxwell, Marquinhos, Lucas, Thiago Silva ou encore Edison Cavani. Ces stars internationales sont de vrais porte-étendards pour leur Eglise et sont tout à fait conscients de l'influence que leur comportement ou leurs idées peuvent avoir sur les supporters, principalement les plus jeunes.

Foot et monde catholique

Le milieu du football est étroitement lié aujourd'hui à l'argent. Pourtant, à l'origine, ce sport était bel et bien une affaire d'amateurs. Dans plusieurs pays dont l'Angleterre, des clubs de foot ont été créés par des paroisses. En France, le développement des clubs a été fortement lié à l’Eglise catholique et au mouvement des patronages qui diffusaient la foi au sein d'un encadrement sportif. Aujourd'hui, ces liens sont nettement moins évidents mais ces deux mondes ne sont pas pour autant si éloignés l'un de l'autre, notamment à travers leurs valeurs.

Les papes ne taclent pas le foot

Si le pape François marque régulièrement son affection pour le monde du football, l'intérêt que porte Benoît XVI à ce sport est moins connu. Pourtant, en 1985, Joseph Ratzinger écrivait un livre dans lequel il expliquait que le football et le sport en général pouvait créer l'unité et même offrir une forme de liberté. "Aucun autre événement n'est capable d'opérer un mouvement d'une telle ampleur dans le monde", pouvait-on lire dans cet ouvrage signé par le cardinal Ratzinger.

En ce jour d'ouverture de la Coupe du Monde, le pape François a adressé via son compte Twitter un message aux millions de supporters et aux organisateurs: "je souhaite à tous une très belle coupe du monde, jouée avec un esprit de vraie fraternité". Le pape argentin a aussi envoyé un message video (visible sur ce lien Youtube) aux participants, dans lequel il souhaite que cette fête célèbre "la solidarité entre les peuples" et qu'elle se déroule dans la "sérénité", "la tranquillité" et le "respect réciproque". Pour jouer en équipe, souligne François, il faut abolir tout "racisme, égoïsme, intolérance et exploitation de l’autre". (Lire à ce sujet l'article de Radio Vatican "Le Pape exalte les valeurs du football")

Manu VAN LIER


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