"Les sanglots longs des violons…" Ce vers de Paul Verlaine donne le coup d'envoi d'un jour exceptionnel pour toute l'humanité, le débarquement des alliés en Normandie le 6 juin 1944. Septante ans plus tard, le monde se souvient.
2014… Temps des hommages et des mercis… Car, après avoir vécu sous le joug de la barbarie nazie, l’Europe retrouvait en ce jour décisif un vent de fraîcheur. Et ce qui était valable pour les populations des pays envahis par les forces hitlériennes, l’était tout autant pour les Allemands.
Parmi les hommages à ceux qui ont contribué, souvent au prix de leur vie, à libérer l'Europe, celui du pape François aux soldats qui débarquèrent sur les plages normandes. Dans son message, François a voulu s'associer à l'anniversaire de ce jour historique en priant pour la paix. Il rend hommage à ceux qui ont "combattu la barbarie nazie", et espère que les nations européennes retrouvent "la racine" chrétienne de leur histoire.
Hommage pour ceux venus de loin et ceux d'ici
Le pape "n’oublie pas non plus les soldats allemands entraînés dans ce drame, comme toutes les victimes de cette guerre", ajoute-t-il. "Il est opportun que les générations d’aujourd’hui expriment leur entière reconnaissance à tous ceux qui ont accepté un sacrifice aussi lourd."
Le Pape, qui écrit encore: "Les nations européennes peuvent trouver dans l’Evangile du Christ, prince de la Paix, la racine de leur histoire et la source d’inspiration pour établir des liens toujours plus fraternels et solidaires."
Déjà en 2004, lors des commémorations du 60e anniversaire du débarquement, le cardinal Ratzinger – qui n’était pas encore le pape Benoît XVI – déclarait: "C'est un fait: si nous ne faisons pas mémoire du Dieu de la Bible, du Dieu qui s'est fait proche en Jésus Christ, nous ne trouverons pas le chemin de la paix".
Des hommages et des mercis pour ceux venus de loin, mais aussi pour ceux qui ont résisté, chez nous, dans leur quotidien de guerre. Tel le père Georges Passelecq, décédé en 1999. Moine à l'abbaye de Maredsous, il fut un résistant très actif au sein du Service de Renseignements et d'Actions.
Rappelant que l'on peut-être catho et "couillus", comme on le dit à l'armée ou comme le suggère la Règle de Saint Benoît, que l'on peut vraiment "ne rien préférer au Christ", le bénédictin s'est battu pour la liberté. Déporté, sa grande implication dans le réseau "Martiny-Daumerie" (1ère ligne d'évasion créée) lui valut à la libération, de retour du camp d'extermination de Dachau, d'être cité aux Ordres Nationaux. Il fut nommé adjudant et reçu le titre honorifique de Chevalier de l'Ordre de Léopold II. Son implication dans des missions de sauvetage d'enfants juifs, lui valut également d'être décoré par le Consistoire Israélite de Belgique. Incarnation du moine-héros, le père Passelecq reste lui aussi dans les mémoires.
Des hommages et des mercis pour tous ceux de 40-45, mais aussi pour ceux qui, désarmés, sont au cœur des conflits de l'an 2000; je veux parler des aumôniers militaires. Bible à la main, ils parlent, réconfortent, conseillent, écoutent les soldats. Ils tiennent une place nécessaire, voire indispensable auprès des combattants. L'abbé Dominique Chaboteau est un de ceux-là. Il nous explique en quoi consiste sa mission et nous livre ses impressions en ce jour de commémoration. Ecoutez-le:
Sylviane Bigaré
Photo: Weymouth, Angleterre, le 6 juin 1944. L'abbé Edward J. Waters donne la bénédiction finale de la messe aux soldats qui vont débarquer en Normandie avec la 1ère vague d'assaut.

