Selon un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publié le 5 mai dernier, les inégalités sociales n'ont cessé d'augmenter ces trente dernières années, ce qui a entraîné une érosion des classes moyennes. La Belgique n'échappe à ce phénomène.
Le fossé entre les plus riches et les plus pauvres ne cesse de s'agrandir, et ce phénomène ne touche pas que les pays les plus démunis de la planète. En effet, dans les pays de l'OCDE, le revenu moyen des 10% les plus riches de la population était, en 2010, plus de neuf fois supérieur à celui des 10% les plus pauvres, alors qu'il n'était que sept fois supérieur il y a 25 ans. C'est ce que relève un rapport de l'OCDE, intitulé "Rendre la croissance plus inclusive".
Le problème, c'est que cette hausse des inégalités a entraîné une érosion des classes moyennes, notamment dans certains pays comme les Etats-Unis, l'Autriche, l'Australie, le Canada et la France.
En Belgique, la situation n'est guère plus brillante. Selon une étude de l'université d'Anvers, les fortunes sont très mal réparties dans notre pays. En 2010, 10% des ménages belges avaient moins de 2.700 euros nets de fortune, alors que les 10% de ménages les plus riches avaient chacun près de 700.000 euros nets. Pire, les 5% de Belges les plus riches possèdent à eux seuls 32% de la fortune totale de notre pays.
En fait, la seule bonne nouvelle du rapport de l'OCDE, c'est que, si la part des classes moyennes tend à diminuer dans les pays les plus riches, elle tend à croître dans les économies émergentes ou les pays en développement.
La croissance économique n'est pas une fin en soi
"Il est important de bien faire comprendre que, lorsque nous parlons d'inégalités, il ne s'agit pas que des revenus", a insisté le secrétaire général de l'OCDE, José Angel Gurria. "Les perspectives de recrutement, la qualité des emplois, la santé, l'éducation et les chances de devenir riche avec le temps sont importantes pour le bien-être des personnes et sont directement liées à leur statut économique et social."
D'où cette idée que la croissance économique n'est pas "une fin en soi" et qu'il faut passer de la progression du PIB à la "croissance inclusive" et au développement, combattre la nature multidimensionnelle des inégalités. Voilà pourquoi, estime l'OCDE, les investissements dans l'éducation, les services de santé et les infrastructures publiques doivent demeurer une priorité. "Les inégalités sont néfastes pour les économies", a expliqué M. Gurria.
Pascal ANDRE

