Pas moins de 40 orateurs triés sur le volet pour décrire une vision du monde où l’idéologie du Gender n’existe pas. Environ 60 personnes sont venues, en plus des orateurs, écouter des exposés sur la "déconstruction d’une riposte religieuse".
Le titre ainsi que le logo de la mitre papale ne font qu’introduire à l’agressivité ambiante de ce colloque organisé le week-end dernier à l’ULB. Le ton des 40 présentations sera sans concession. Certains orateurs sont raisonnables, d’autres sont plus agressifs. Les anti-gender sont décrits comme: "homophobes, antisémites, islamophobes, universalistes, hétérosexistes, réactionnaires, adeptes de la théorie du complot etc."
Le Gender: qu'est-ce que c'est?
Les orateurs se succèdent, le message est répété par tous: il n’existe pas de théorie du genre... Cependant, aucun exposé du colloque ne présente d’étude scientifique en appui de la théorie du gender.
L’organisateur, Eric Fassin se présente comme un philosophe de gauche et résolument relativiste. Il explique que l’Eglise catholique et l’Opus Dei en particulier sont leurs ennemis. Sa vision du gender est simple: il faut "déconstruire" (sic) toute la vision que nous avons des rapports entre hommes et femmes. Pour l’idéologie du Gender, les hommes et les femmes n’existent pas. Rien de biologique ou de donné ne peut exister. Ce qui définit un être humain, c’est uniquement et exclusivement ce qu’il fait. Une vision réductrice de l’être humain, contre laquelle l’Eglise s’est toujours élevée.
Issus d’universités du monde entier pour étudier les catholiques et préparer une riposte pro-gender, les orateurs sont américains, italiens, français, canadiens ou belges. Tous les orateurs semblent convaincus qu’ils ont choisi leur sexe librement. Certains s’amusent même à railler les participants qui posent une question avec un Madame ou Monsieur, car qui connaît le sexe qu’ils ont choisi pour eux?
On peut s’interroger sur l’absence des découvertes majeures du XXe siècle qui ont été faites sur le fonctionnement des femmes ou des hommes et de leur altérité. Les auteurs reconnaissant qu'hommes et femmes sont différents et complémentaires sont totalement absents du discours. Une vision à sens unique, donc.
L'Eglise catholique dans le viseur des idéologues du "Gender"
Les textes du magistère de l’Eglise, les encycliques sont épluchées pour trouver des traces d’homophobie ou d’inégalité. Les orateurs avouent leur inquiétude: le discours de l’Eglise est cohérent, sensé, basé sur l’anthropologie humaine. Ils reconnaissent qu’il ne faut pas sous-estimer l’Eglise car son enseignement s’oppose de manière frontale à l’oubli de la différence entre sexes.
Le constat d’un "réveil" des catholiques semble partagé par beaucoup. Les participants le reconnaissent: les militants pro-vie sont organisés, ils viennent de tous les milieux sociaux, ils agissent dans des associations de terrain et peuvent s’appuyer sur des textes cohérents et pertinents de l’Eglise catholique.
Les organisateurs se sont quittés sur les propositions suivantes: affirmer que toute position de l’Eglise catholique est fondée sur des préjugés (afin de délégitimer son avis) et créer des études scientifiques qui démontrent que les notions de genre sont une donnée scientifique.
On le voit, les manipulations de la recherche à des fins idéologiques ne sont pas terminées. Pour un événement organisé par une grande université, avec le soutien des pouvoirs publics (Régions wallonne et bruxelloise, Communauté française, Ville de Bruxelles), on aurait pu espérer un débat plus ouvert.
M.B
Le site du colloque: https://www.ulb.ac.be/is/ags/RESUMES/Habemus_gender_2013.html

