Evangile de dimanche : Dieu a foi en nous


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Evangile de dimanche : Dieu a foi en nous
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

DSCF1970Nous sommes toujours dans le temps pascal et bientôt nous fêterons l'Ascension, c'est-à-dire le départ du Christ ressuscité, ou du moins son effacement.

C'est un effacement physique, l'Evangile nous prépare à vivre sans Jésus physiquement présent, à vivre comme des grands. On peut regretter que Jésus nous ait délégué les commandes. Nous ne sommes pas à la hauteur, pas fiables, pas courageux. Nous ne le faisons pas aussi bien que lui, surtout nous faisons parfois très mal. Jésus le savait bien: Pierre a renié, Paul a persécuté. Mais notre Dieu est un Dieu qui partage, qui délègue, qui ne veut pas exercer un pouvoir despotique. Il aime renverser les situations, se mettre en position de service, céder l'initiative et le pouvoir. Il ne se défend pas, il se remet entre nos mains. Cette attitude n'est pas anecdotique, elle révèle son être profond qui est de vouloir l'amitié, ce qui suppose égalité, réciprocité et vulnérabilité. Dans cet effacement, se révèle la discrétion de Dieu pour nous. Comme dit le poète: "Dieu crée l'homme comme l'océan crée les continents, en s'effaçant".

L'effacement personnel de Jésus nous détache de son modèle pour nous inviter à trouver notre voie personnelle, inévitablement unique, originale. Pour prendre une comparaison automobile, Jésus nous cède le volant! "Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés... comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie".

L'effacement de Jésus nous permet de nous mettre à sa place et de découvrir qui il est pour nous. "Qui vous écoute m'écoute, qui vous accueille m'accueille et accueille celui qui m'a envoyé..." Il y a là une présence qui n'est plus physique mais qui est très forte, intériorisée, avec une sorte d'inhabitation réciproque: lui, c'est nous et nous, c'est lui. Jésus n'est pas compétitif, il n'a rien de commun avec ces personnes qui vous mettent des limites, qui vous mettent des bâtons dans les roues pour toujours vous contrôler et vous empêcher de les dépasser. Il n'est pas jaloux, tout au contraire, il se réjouit de nos succès, il nous encourage à aller de l'avant, à voir grand, à faire des projets d'envergure, à ne pas rester timorés.

Il n'a pas tout fait et il ne veut pas tout faire "tout seul". Il veut nous associer. Il veut avoir besoin de nous. C'est là une façon d'aimer qui n'a rien à voir avec le paternalisme ni avec l'assistanat. Tout reste à faire pratiquement et il est avec nous, par son Esprit, son Souffle, son Inspiration. Il nous fait confiance, il a foi en nous, et nous pouvons à notre tour faire confiance aux autres, autour de nous, déléguer, nous aussi, nous soucier des apprentis. Nous pouvons progressivement nous effacer, pour encourager les autres à exister différemment.

Raphaël Devillers o.p. (extraits)

Catégorie : L'actu

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