Concilier travail et famille, un numéro d’équilibriste?


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Concilier travail et famille, un numéro d’équilibriste?
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
4 min

famille et boulotPartena a mené une enquête auprès des familles belges afin de connaître leur degré de satisfaction par rapport à l’équilibre "travail-vie privée". Il en ressort que 9 Belges sur 10 aimeraient pouvoir consacrer plus de temps à leur famille.

"Il y a encore de la marge pour mieux combiner et intégrer travail et famille", explique Marc Ertveldt de la caisse d’allocations familiales Partena pour commenter les résultats d'une enquête publiée ce 15 mai, journée internationale de la famille. L'étude réalisée auprès des travailleurs et des employeurs belges porte sur l’importance d’un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée dans leur entreprise. Les ménages belges attendent davantage d’efforts de la part de leur employeur pour un juste équilibre entre travail et famille. 82% des parents interrogés se sentent sous pression dans la gestion de leurs diverses tâches, 77% estiment qu’une aide externe dans les tâches ménagères est essentielle pour avoir du temps libre pour les enfants.

L'étude révèle toutefois que 6 parents sur 10 sont satisfaits de leur équilibre entre travail et vie privée et, dans la même proportion, ils jugent que leur employeur offre des possibilités satisfaisantes afin de maintenir un juste équilibre. Par contre, seul un parent sur deux se sent encouragé par son employeur à combiner sainement travail et famille.

L'équilibre travail-famille, un facteur de productivité

38% des parents interrogés ont déjà refusé une promotion ou un contrat pour raison familiale. Plus d’un parent sur 4 a même déjà changé d’emploi pour pouvoir consacrer plus de temps à la vie de famille. Les employeurs reconnaissent l’importance d’un bon équilibre "travail-vie privée". Nos employeurs reconnaissent l’importance d’un bon équilibre entre travail et vie de famille: 95% estiment que cela augmente la satisfaction professionnelle, 85% que cela augmente la productivité et la qualité du travail fourni.

Des attentes conflictuelles

On observe des différences flagrantes entre les attentes des parents interrogés et celles des employeurs principalement sur la mise en œuvre d'horaires flexibles, le temps partiel pour les fonctions à responsabilité ou encore le travail à domicile. Si ces modes d'organisation sont largement soutenus par les travailleurs, elles sont en revanche très rarement proposées ou mises en pratique par les employeurs.

La caisse d’allocations familiales Partena conclut son étude en pointant qu'une intégration saine et une souplesse entre travail et famille offrent une situation gagnant-gagnant pour les parents et les employeurs: "Nous ne sommes pas seulement plus heureux, plus productifs et plus qualitatifs, mais nous sommes également plus fidèles à nos employeurs qui rendent ainsi leur entreprise plus attirante sur le marché de l’emploi".

Qu'en dit l'Eglise?

D'après la doctrine sociale de l'Eglise "Famille et travail, si étroitement interdépendants dans l'expérience de la majorité des personnes, méritent une considération plus adaptée à la réalité, une attention qui les comprenne ensemble, sa limite d'une conception privatiste de la famille et économiste du travail". Le travail ne doit pas pénaliser mais favoriser la cellule familiale. Pour cela, les employeurs doivent prendre en compte divers éléments qui influent négativement sur les comportements et sur le rendement dans le domaine du travail: "les distances à parcourir jusqu'au lieu de travail, la fatigue physique et psychologique qui réduisent le temps consacré à la vie familiale, les situations de chômage qui ont des répercussions matérielles et spirituelles sur les familles".

La famille, un thème cher au pape François

Dès les premiers mois de son pontificat, François avait annoncé qu’un synode extraordinaire serait consacré à la famille, en octobre 2014, suivi d’un synode ordinaire sur le même thème en 2015, puis une Rencontre mondiale des Familles à Philadelphie, aux Etats-Unis. En novembre 2013, il créait la surprise en adressant le questionnaire préparatoire au synode d’octobre 2014 à tous fidèles.

Le pape appelle à prier pour les évêques en vue de ce synode et défend un modèle familial qu'il juge en péril: "La famille aujourd'hui est dépréciée, elle est maltraitée, et ce qui nous est demandé, c'est de reconnaître combien il est beau, vrai et bon de former une famille, d'être une famille aujourd'hui; combien c'est indispensable pour la vie du monde, pour l'avenir de l'humanité. Il nous est demandé de mettre en évidence le lumineux plan de Dieu sur la famille et d'aider les conjoints à le vivre avec joie dans leur existence, en les accompagnant dans beaucoup de difficultés."

MVL/Pèlerin

Source: Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise (Conseil pontifical Justice et Paix)


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