Le cardinal Parolin plaide pour une réforme de l’ONU


Partager
Le cardinal Parolin plaide pour une réforme de l’ONU
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

ONUParce que le monde a beaucoup changé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le secrétaire d'Etat du Saint-Siège estime qu'il est temps de réformer l'Organisation des Nations Unies (ONU). Benoît XVI avait déjà plaidé dans ce sens en 2009.

Dans "L'Osservatore Romano" des 22 et 23 avril, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'Etat du Saint-Siège, estime que l'Organisation des Nations Unies "aurait besoin désormais d'une réforme". Celle-ci est "invoquée par beaucoup, mais difficile à réaliser". "Le monde a beaucoup changé depuis sa création à la fin de Seconde Guerre mondiale", explique-t-il, et il n'est pas facile de "lui donner un pouvoir effectif pour maintenir la paix – sa mission fondamentale – sans que le pouvoir soit, de fait, concentrée entre les mains de quelques pays." Le bras droit du pape François appelle donc de ses vœux "une véritable ONU, forte mais démocratique".

Déjà en 2009, Mgr Celestino Migliore, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l'ONU à New York, appelait à la réforme du droit de veto. "Le recours au droit de veto", dénonçait-il alors, "a ralenti et même empêché la résolution de problèmes cruciaux pour la paix et la sécurité internationales, permettant dès lors des violations de la liberté et de la dignité de l'homme."

Dans son encyclique sociale "Caritas in veritate", publiée en 2009, le pape Benoît XVI insistait également sur l'urgence de réformer l'ONU, mais aussi l'architecture économique et financière internationale. "Pour gouverner l'économie mondiale, assainir les économies frappées par la crise, prévenir son aggravation et de plus grands déséquilibres", il "est urgent que soit mise en place une véritable 'Autorité politique mondiale'", écrivait-il. Cette instance devrait être "reconnue par tous" et jouir "d'un pouvoir effectif pour assurer à chacun la sécurité, le respect de la justice et des droits". Enfin, il lui assignait de nouveaux objectifs: "procéder à un souhaitable désarmement intégral, parvenir à la sécurité alimentaire, assurer la protection de l'environnement et réguler les flux migratoires".

Le pape n'hésitera pas à surprendre

Abordant son propre rôle, le cardinal Parolin explique qu'il "agira par la parole, intervenant chaque fois que la paix est menacée, sans se soucier du risque d'instrumentalisation et surtout en indiquant les causes des violences et des guerres". Quant au pape François, explique-t-il, "il suivra sa propre sensibilité et trouvera aussi dans ce domaine les gestes les plus efficaces et parfois étonnants – pour ne pas dire déstabilisants (…) –, afin de faire sentir sa proximité et sa sollicitude pour la paix".

P. A. (avec La Croix)


Dans la même catégorie