Evangile de ce dimanche de Pâques : Au-delà de ce qui peut arriver !


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Evangile de  ce dimanche de Pâques : Au-delà de ce qui peut arriver !
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
4 min

IMG_8919"C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine", c'est-à-dire le dimanche: ce n'est pas seulement une précision matérielle que Saint-Jean nous donne: c'est plutôt comme un clin d'œil; quand il écrit son évangile, il y a déjà à peu près cinquante ans que les faits se sont passés... cinquante ans que les chrétiens se réunissent chaque dimanche pour fêter la résurrection de Jésus... le clin d'œil, c'est "vous voyez pourquoi on se rassemble chaque dimanche?" Ce rassemblement du dimanche était une caractéristique des chrétiens dans le monde juif.

Car, pour les Juifs, depuis des siècles, le dimanche était un jour de travail comme les autres, le premier jour de la semaine; c'est le septième jour, le samedi (le shabbat) qui était jour de fête, de repos, de rassemblement, de prière.

Or, c'est un lendemain de shabbat que Jésus est ressuscité, et, plusieurs fois de suite, il s'est montré vivant à ses apôtres après sa résurrection, chaque fois le premier jour de la semaine: si bien que pour les Chrétiens, ce jour-là a pris un sens particulier. Ce premier jour de la semaine leur paraît à eux être le premier jour des temps nouveaux: comme la semaine de sept jours des Juifs rappelait les sept jours de la Création, cette nouvelle semaine qui a commencé par la résurrection du Christ a été comprise par les chrétiens comme le début de la nouvelle Création.

Il est bel et bien vivant!

"Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint et il était là au milieu d'eux". Jean souligne le contraste: les disciples sont enfermés, ils ont peur et, humainement, on les comprend! Si on a tué le Maître, on peut bien tuer les disciples. Cela ne souligne que mieux la liberté du Christ. Tout est verrouillé, cela n'a pas l'air d'être un problème pour lui! Il ne connaît pas les verrous, mais surtout, il n'a pas l'air de connaître la peur!

Et, précisément, sa première parole, c'est "la paix soit avec vous"... C'était le salut juif habituel... mais quand même c'est une étrange salutation après tout ce qu'on vient de vivre! La crainte, l'angoisse des derniers mois avant l'arrestation de Jésus, l'horreur de sa Passion et de sa mort, la nuit du Jeudi, la journée du vendredi, et ce silence du samedi, une fois Jésus mis au tombeau... Est-ce qu'on peut être dans la paix... comme si rien n'était arrivé?

Et en même temps, c'est fou, mais c'est bien vrai quand même: Il est bel et bien vivant... et, pour le prouver, il montre ses plaies qui sont les marques de la crucifixion. Au passage, je constate que les marques sont bien là dans ses mains, ses pieds, son côté: la résurrection ne gomme donc pas la mort.

Alors, même si cela paraît fou, Saint-Jean nous dit "les disciples furent remplis de joie!" C'est inouï ce qui leur arrive! Et, à ce moment-là, Saint Jean continue: "Jésus leur dit de nouveau: la paix soit avec vous". Alors, ils peuvent réellement être dans la paix... non pas comme si rien n'était arrivé... mais malgré ce qui est arrivé: parce que cette paix du Ressuscité est très au-delà de ce qui peut arriver!

"Ayant ainsi parlé, Jésus répandit sur eux son souffle, et il leur dit: Recevez l'Esprit-Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis. Tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus." On est frappés du lien entre le don de l'Esprit et la mission de réconciliation: dans la Bible, l'Esprit est toujours donné pour une mission; et il n'y a pas d'autre mission en définitive que de réconcilier les hommes avec Dieu: tout le reste en découle.

C'est un ordre, un commandement que Jésus donne: "De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie". Allez annoncer que les péchés sont remis, c'est-à-dire pardonnés. Soyez les ambassadeurs de la réconciliation universelle. Et, si vous n'y allez pas, cette nouvelle de la réconciliation ne sera pas annoncée: le Père a besoin de vous pour cela. "Comme le Père m'a envoyé...": on a ici, de la bouche même de Jésus-Christ un résumé de toute sa mission; c'est comme s'il nous disait: "Le Père m'a envoyé pour annoncer la réconciliation universelle, pour annoncer que les péchés sont pardonnés. Que Dieu ne tient pas des comptes des péchés des hommes; annoncer une seule chose: que Dieu est Amour et Pardon... à votre tour, je vous envoie pour la même mission." Le seul péché, celui qui est la racine de tous les autres, c'est de ne pas croire à l'amour de Dieu: vous donc, je vous envoie, allez annoncer à tous les hommes l'amour de Dieu.

Reste la phrase "Tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus": être maintenu dans son péché, c’est ignorer l’amour de Dieu. Il dépend de vous, dit Jésus, que vos frères connaissent l’amour de Dieu et en vivent… Le projet de Dieu ne sera définitivement accompli que quand vous, à votre tour, aurez accompli votre mission… "Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie".

Marie-Noëlle THABUT - (L'intelligence des écritures, Editions Artège)

 

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