La lutte contre les inégalités a été au cœur des discussions entre le pape François et le président américain Barack Obama, ce jeudi 27 mars, au Vatican. C'est la première fois que les deux hommes se rencontraient.
Ce jeudi 27 mars, le pape François et Barack Obama se sont entretenus durant près d'une heure, dans la bibliothèque du Palais apostolique. "C'est merveilleux de vous rencontrer", a dit le président américain, en s'adressant au pape. Souriant, le pape lui a répondu, en anglais: "Bienvenue Monsieur le Président". Tous deux ont ensuite échangé une poignée de main, avant la traditionnelle pose pour les photographes. Ils se sont alors assis de chaque côté d'un bureau, puis ont été rejoints par leurs traducteurs, le pape ne connaissant pas l'anglais.
On ignore ce qui s'est dit entre les deux hommes, mais il ne fait aucun doute que la lutte contre les inégalités a été au cœur de leur discussion. "Je viens à Rome pour écouter le pape. Sa pensée est précieuse pour comprendre comment remporter le défi contre la pauvreté", avait effectivement confié Barack Obama, la veille, dans une interview au journal italien "Corriere della Sera". "Le pape nous met au défi. Il nous implore de nous souvenir des gens, des familles, des pauvres", a-t-il poursuivi. "En nous mettant constamment au pied du mur sur la justice sociale, il nous montre le risque qu'il y a à s'habituer aux inégalités extrêmes, au point de les trouver normales."
Divergences sur le plan éthique
Pourtant, tout n'est pas au beau fixe entre le gouvernement américain et le Saint-Siège, notamment sur le plan éthique. En effet, la réforme de l'assurance-maladie, appelée aussi Obamacare, prévoit le remboursement de l'avortement et de la contraception. Principe que désapprouve catégoriquement l'Eglise catholique, au point que le cardinal Raymond Burke a fustigé, en janvier, la politique "anti-vie et anti-famille" du président Obama.
Autre point de friction: la volonté du président américain de légaliser le mariage homosexuel. "Si on change, au niveau du gouvernement, la structure de la famille, on dérange toute la société", a expliqué Mgr Anthony Figueiredo, directeur du Collège pontifical nord-américain, à Rome. "L'Eglise a cette obligation de dire au président: 'Non, il faut défendre la famille; il ne faut pas donner ces choix qui, par après, ont des conséquences'."
Après son entretien avec Barack Obama, le pape a salué avec chaleur la délégation américaine, dont le secrétaire d'Etat John Kery, qui est catholique. L'audience a ensuite été suivie par le traditionnel entretien avec le secrétaire d'Etat, Mgr Pietro Parolin, pour aborder les sujets plus en profondeur, tels que les crises au Moyen-Orient et en Afrique – en particulier en Centrafrique –, l'environnement et l'immigration.
Un voyage en 2015?
D'après certaines sources vaticanes, le président américain aurait profité de sa visite romaine pour inviter le pape François aux Etats-Unis, à l'occasion de la Rencontre mondiale des familles qui se tiendra à Philadelphie, du 22 au 27 septembre 2015. Si cela se réalisait, le souverain pontife pourrait également s'exprimer devant le Congrès américain à Washington et face aux Nations-Unies à New-York. Certains évoquent également la possibilité d'une rencontre avec la communauté hispanique à Los Angeles. Seul obstacle à ce voyage: le pape ne parle pas anglais. Un problème dans un pays habitué à ne manier que sa propre langue. Ce handicap ne remet toutefois pas en cause l'opportunité d'un déplacement dans ce pays de près de 310 millions d'habitants, dont plus du quart sont catholiques.
Pascal ANDRE (avec La Croix et Radio Vatican)

