Evangile de dimanche : Des ténèbres à la lumière (Jn 9, 1-38)


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Evangile de dimanche : Des ténèbres à la lumière (Jn 9, 1-38)
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Duccio

Le petit rouquin aux beaux yeux avait humainement peu de chance d’être choisi comme roi d’Israël. Mais c’est lui, le dernier-né, le benjamin, qui fut choisi. David! Un bien mauvais choix auraient pu penser ses frères écartés! Mais Dieu ne juge pas selon les apparences, mais regarde le cœur. "L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là" (1ère lecture), au point qu’il devint une lumière pour son peuple.

Mais cette lumière ne vient ni d’une somme des connaissances ni d’atouts donnés par le pouvoir. Elle est reçue dans le cœur profond de celui qui se nourrit d’intimité avec Dieu. A travers ses égarements et ses épreuves, David a toujours su garder la confiance en Celui qui l’avait appelé et choisi. Il nous est aisé de nous identifier à lui en chantant le psaume 22. Nous pouvons aussi nous réveiller du sommeil de la morosité ou de la lassitude, en accueillant la lumière véritable qui produit, dans l’obscurité du monde, "bonté, justice et vérité".

Mettons tout autant nos pas dans ceux du mendiant né aveugle. Il ne pouvait voir la lumière. Jésus refait pour lui le geste du créateur. Cet homme né dans les ténèbres est le vivant symbole de l’humanité plongée dans la nuit de l’incroyance. Jésus pétrit de la boue pour en faire un homme nouveau. Il va le faire naître de l’obscurité à la lumière. Il va le faire passer de l’ignorance à la confiance, de la peur à la joie. Acceptant de se laisser envoyer à la piscine de Siloé, Il est recréé par l’eau qui régénère.

La plus grande partie du récit parle peu de Jésus et de l’aveugle. Ce sont les spectateurs qui retiennent surtout l’attention de l’évangéliste. Interpellé par les voisins, le non-voyant va devenir de plus en plus témoin de Celui qui l’a fait voir en racontant ce qui lui est arrivé. Et de proche en proche, sa parole s’affermit. Après les doutes des voisins, les refus réitérés des pharisiens, la dérobade des parents, la défiance s’installe dans la même mesure que grandit la foi de l’ancien aveugle. Jésus n’est présent, dans cette scène d’évangile, qu’au début et à la fin. Au cours du véritable procès qu’on lui intente, il est absent. Et c’est l’aveugle qui devient son représentant dans le monde incroyant.

Après le rejet de l’ancien aveugle, vient enfin une rencontre personnelle où peut vraiment s’épanouir la véritable joie de croire. On croirait déjà entendre, dans ce dialogue, la profession de foi baptismale de la nuit de Pâques:

  • - "Crois-tu au Fils de l’homme?"
  • - "Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui?"
  • - "Tu le vois, et c’est lui qui te parle."
  • - "Je crois, ‘Seigneur’ et il se prosterna devant lui."

Nous avons toujours à poursuivre notre initiation baptismale. Nous avons à nous laisser abreuver de l’eau vive de sa parole, comme la Samaritaine, pour célébrer le culte en esprit et vérité. Nous sommes invités, particulièrement en Carême, à renaître d’eau et d’Esprit Saint, pour, le regard purifié, accéder à la claire vision du Ressuscité. Ainsi, serons-nous les témoins de la transfiguration qu’il opère en nous.

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