Un temps propice au dépouillement


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Un temps propice au dépouillement
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

enfantC'est un extrait de la lettre aux Corinthiens qui servira de fil conducteur à notre entrée dans le Carême: "Il s'est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté" (2 Cor 8, 9). Le pape François actualise la réflexion de saint Paul et propose un commentaire de celle-ci, qui s'articule autour de "la grâce du Christ" et de l'importance de "notre témoignage".

Les armes de Dieu ne sont pas celles des puissants. A l'inverse, Il a opté étonnamment pour celles des plus humbles et des plus démunis. Il a choisi pour étendards la faiblesse et la pauvreté. "Quel grand mystère que celui de l'Incarnation de Dieu!", observe le pape François, qui souligne combien l'amour rend semblable en toutes choses, incite à partager la vie réelle et effective de l'autre, et ce, quelles que soient ses conditions de vie. En prenant chair, Jésus n'a pas hésité à prendre part à notre condition humaine et à supporter, lui aussi, "nos faiblesses, nos péchés, en nous communiquant la miséricorde infinie de Dieu".

Notre pauvreté, un lieu porteur

"La richesse de Dieu ne peut nous rejoindre à travers notre richesse, mais toujours et seulement à travers notre pauvreté personnelle et communautaire, vivifiée par l’Esprit du Christ", écrit le pape François, qui distingue trois types de misère: matérielle, morale et spirituelle. La misère matérielle a pour corollaire le non-respect de la dignité humaine; elle bafoue celle-ci par une privation "des droits fondamentaux et des biens de première nécessité". En réponse à cette précarité, l'Eglise propose, avec empathie, ses services "pour répondre aux besoins et soigner ces plaies qui enlaidissent le visage de l'humanité". Car ces êtres en détresse sont une incarnation du Christ. Et il nous revient de faire cesser "les atteintes à la dignité humaine, les discriminations et les abus". Nos réponses devront être guidées par davantage de justice et de sobriété. La misère morale est un assujettissement au vice et au péché; elle mène à une perte dévastatrice du sens de la vie. Et d'une telle perte d'espérance, la misère spirituelle n'est jamais éloignée…

Les chrétiens, des messagers de joie

"L’Evangile est l’antidote véritable contre la misère spirituelle", écrit le pape François, qui souligne combien les chrétiens sont porteurs d'une "annonce libératrice", un "trésor qui nous a été confié pour consoler les coeurs brisés et donner l’espérance à tant de frères et de soeurs qui sont entourés de ténèbres". Et François d'insister sur la valeur symbolique de cette période qui précède la fête de Pâques et de lancer un appel à davantage de miséricorde. "Le Carême est un temps propice pour se dépouiller; et il serait bon de nous demander de quoi nous pouvons nous priver, afin d’aider et d’enrichir les autres avec notre pauvreté. N’oublions pas que la vraie pauvreté fait mal: un dépouillement sans cette dimension pénitentielle ne vaudrait pas grand chose. Je me méfie de l’aumône qui ne coûte rien et qui ne fait pas mal."

A. T.

Message du Pape François pour le Carême

Catégorie : L'actu

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