Les Suisses ont adopté, à un peu plus de 50%, une décision proposée par l'UDC, un parti populiste helvète, qui s'oppose à "l'immigration massive" dans leur pays. L'Eglise catholique suisse s'en inquiète.
Le chargé de communication du Conseil épiscopal suisse (CES), Simon Spengler (photo), craint, concernant l'acceptation de l'initiative de l'UDC "Contre l'immigration de masse", que celle-ci ne "cause plus de problèmes qu'elle n'en résolve". Dans un entretien avec Radio Vatican, il dit "redouter que la population étrangère du pays ne soit soumise à des conditions de vie encore plus dures qu'elles le sont déjà", déplorant le fait que l'UDC ait mené sa campagne principalement en agitant le spectre de la peur de l'étranger.
Pour l'Eglise catholique, le bien-être et l'épanouissement familial "sont une priorité", ajoute le porte-parole du CES. "La menace pesant sur le regroupement familial après l'acceptation de l'initiative est donc fortement inquiétant." Simon Spengler redoute, en outre, un retour du statut de saisonnier, contre lequel l'Eglise a énergiquement lutté dans le passé.
Avortement: une initiative contre-productive
Concernant l'initiative "Financer l'avortement, une affaire privée", le chargé de communication confie être soulagé que le texte ait été refusé. Pour lui, proposer que les interruptions volontaires de grossesse ne soient plus remboursées par l'assurance maladie n'est pas la bonne voie pour s'attaquer au problème. "L'énergie investie dans la campagne aurait été mieux utilisée dans la lutte contre les véritables problèmes sous-jacents au phénomène de l'avortement", souligne-t-il. "Il s'agirait notamment d'augmenter l'aide aux femmes en situation de détresse." L'initiative a toutefois eu le mérite de faire réfléchir la population au problème de l'avortement, relève le chargé d'information.
P. A. (avec Radio Vatican et le CES)

