La FGTB a réalisé une étude commune par commune du nombre de demandeurs d’emploi qui perdront leur allocation de chômage en 2015. Près de 50.000 demandeurs d’emploi seront privés d’allocation d’attente, dont 32.000 Wallons.
L’indemnité versée aux personnes qui n’ont pas encore suffisamment travaillé pour avoir droit à des allocations de chômage a été limitée dans le temps. Dès janvier 2015, 32.000 demandeurs d’emploi vivant en Wallonie, risquent de se retrouver exclus du système. Pour la plupart, la seule issue sera dès lors de se tourner vers les CPAS dans l'espoir d'obtenir ce que l'on appelait il y a quelques années le "minimex", devenu depuis "revenu d'intégration social". Une solide tuile pour les CPAS et pour les communes qui devront revoir leur budget en conséquence.
Un drame social annoncé
Dans les prochains jours, les 262 communes wallonnes recevront un courrier de la FGTB. Elles pourront y lire le nombre de personnes exclues du chômage dans leur commune. "L’idée c’est de dire aux bourgmestres et aux présidents de CPAS, maintenant vous ne pourrez plus dire je ne savais pas. Vous connaissez vos chiffres et vous savez quel va être l’impact sur vos CPAS", a expliqué Thierry Bodson, le secrétaire général de la FGTB, sur Bel-RTL. Charleroi, Liège et La Louvière sont les communes les plus touchées mais l'impact sur les petites communes se fera également très fort ressentir.
D'après l'étude réalisée par la FGTB, les femmes seront les premières victimes des mesures décidées par le gouvernement. Elles représentent 64% des personnes concernées. Ces mesures toucheront également davantage les personnes qui vivent en cohabitation.
En décembre dernier, Denis Uvier, éducateur de rue à Charleroi, nous faisait part de son inquiétude. "Ces exclusions vont provoquer une arrivée massive de demandes d'aide auprès des CPAS. Si ceux-ci ne parviennent pas à répondre positivement à chaque dossier, on pourrait voir le nombre de personnes à la rue exploser dans les prochaines années."
La FGTB mènera une action de protestation le 10 mars prochain dans dix villes wallonnes. Elle espère que les communes feront pression sur les partis politiques afin de faire modifier le délai qui limite à trois ans ces allocations.
MVL, d'après l'Avenir

