Syrie : douze religieuses enlevées par des jihadistes


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Syrie : douze religieuses enlevées par des jihadistes
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Mar TaklaLe 2 décembre dernier, douze religieuses ont été emmenées de force de leur couvent (photo) situé dans le centre historique de la ville chrétienne de Maaloula (Syrie). On ignore toujours pourquoi les rebelles jihadistes s'en sont pris à ces femmes?

Lundi 2 décembre, des hommes armés sont entrés dans le village chrétien de Maaloula, situé à 55 kilomètres au nord de Damas, où la grande majorité de la population a fui vers la capitale syrienne ou le Liban. Selon les informations recueillies, des hommes armés ont fait irruption dans le monastère orthodoxe de Mar Tacla (Sainte Thècle), obligeant douze religieuses, dont la mère supérieure, à quitter les lieux et à les suivre. Elles auraient été ensuite emmenées à Yabroud, 30 kilomètres plus au nord.

Pour quelles raisons ces religieuses ont-elles été enlevées par les jihadistes? Sont-elles destinées à devenir des boucliers humains ou une monnaie d'échange? Le but était-il simplement de prendre le contrôle du couvent pour avoir la main libre à Maaloula? "On ne sait pas", confie, impuissant, Mgr Mario Zenari, nonce apostolique (ambassadeur) en Syrie, qui a été informé de cet enlèvement par le patriarcat grec-orthodoxe. Il espère toutefois qu'elles sont bien traitées et en lieu sûr. "C'est notre souhait et notre prière", ajoute-t-il.

Des attaques fréquentes contre les chrétiens

Interrogée au téléphone, la mère supérieure d’un couvent situé à Sadnaya a dit avoir pu parler avec la supérieure de Maaloula, Pelagia Sayyaf, lundi à 23h 30. Elle a affirmé qu’"elle et les onze autres religieuses, accompagnées de trois jeunes domestiques, sont confortablement installées dans une maison de Yabroud et que personne ne les ennuie".

De manière générale, Mgr Zenari s'inquiète pour le sort de la population syrienne, et celui des chrétiens en particulier. Ceux-ci subissent de nombreuses attaques ces dernières semaines. Il n'est pas rare que des rebelles entrent dans un village et contraignent les chrétiens à fuir. Les églises sont souvent profanées et les objets religieux détruits.

Malgré le danger qu'elles couraient, les moniales de Maaloula avaient choisi de "rester et témoigner" dans cet antique village, où l'araméen, la langue du Christ, est encore parlée. Les quelque quarante orphelines dont elles avaient la charge, avaient été évacuées depuis longtemps.

L'appel du pape

Ce mercredi 4 décembre, le pape François a lancé un appel pour les douze soeurs orthodoxes emmenées de force par les jihadistes et pour "toutes les personnes enlevées en raison du conflit" dans ce pays.

P. A. (avec Radio Vatican et La Croix)

Catégorie : L'actu

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