Dans la province pakistanaise de Pendjab, des chrétiens et des musulmans se sont unis pour dénoncer une fausse accusation de blasphème.
Les faits se sont déroulés à Faisalabad, dans le Pendjab, une province pakistanaise dans laquelle vit la majorité de la population chrétienne. Asia Masih, une femme de 50 ans, a été accusée par deux étudiants musulmans d’avoir brûlé des extraits du Coran dans son jardin. Alertés, des militants chrétiens du "Human Rights Defender Network", ont alors rapidement rassemblé les preuves de l’innocence d’Asia, puis sont allés trouver un leader musulman membre du "Comité pour la paix" de Faisalabad.
Ce dernier a accepté d’apporter son aide et sa caution morale pour "que soient analysés objectivement les faits." Il a fini par conclure à l’innocence de la chrétienne accusée. Les pages brûlées n’étaient effectivement pas celles du Coran, mais d’un manuel scolaire en arabe. Il s'en est ensuite pris à ceux qui ont lancé de telles accusations, sans en vérifier la véracité. Accusations qui, loin de servir la foi, n'ont fait que "propager la haine et la division."
Restaurer une culture de tolérance
Iftikhar Ahmed, coordinateur de l’ONG South Asia Partnership - Pakistan s’est félicité "de ce que cette affaire délicate ait pu être résolue dans la paix", un rôle que les "leaders religieux devraient toujours avoir au sein de la société." Le même soulagement a été exprimé par le militant chrétien Naseem Anthony qui a renouvelé son appel à amender les lois religieuses au Pakistan et à "restaurer une culture de tolérance envers toutes les confessions."
"Cette loi anti-blasphème doit être abolie, sinon amendée afin qu’elle ne soit plus utilisée à mauvais escient, comme c’est le cas aujourd’hui", a affirmé, pour sa part, Mgr Coutts, aujourd’hui évêque de Karachi et à la tête de la conférence épiscopale du Pakistan. Il veut cependant rester confiant et souligne que, "malgré la pression des groupes extrémistes, beaucoup de musulmans commencent à reconnaître la vérité."
Apic
