Pour 2 milliards et demi d’être humains, les toilettes sont un luxe. Pourtant, elles sont essentielles à la salubrité publique. Leur absence engendrent des pollutions des terres agricoles et de la nappe phréatique causant de nombreuses maladies. Et ce sont bien évidemment les populations pauvres et fragilisées qui en sont les premières victimes!
Il existe des journées mondiales pour quasiment toutes les thématiques, parmi lesquelles celle des toilettes semble être l’une des plus farfelues. Et pourtant, la journée du 19 novembre est beaucoup plus importante qu’il n’y paraît.
Aller aux toilettes est pour nous un acte tellement fréquent qu’il en est devenu banal. Mais pour de nombreuses personnes dans les pays en voie de développement, il faut encore aller dans les champs pour accomplir ses besoins naturels. Conséquence: les matières fécales en décomposition viennent polluer les sols et les cours d’eau au lieu d’être stockées.
Il faut savoir que plusieurs milliers d’enfants meurent chaque année du choléra ou de la fièvre typhoïde causées par l’eau polluée. Attirer l’attention sur les installations sanitaires dans le monde est donc un moyen de souligner cet enjeu de santé publique.
Des indicateurs d’amélioration
Il semble que la situation ait tendance à s’améliorer, même si cette amélioration est lente. Globalement, les indicateurs de l'OMS et de l'Unicef vont dans le bon sens. Depuis 20 ans, le pourcentage d’êtres humains ayant accès à des sanitaires est passé de 49% à 63%. En tenant compte des WC collectifs, cela porte désormais à 15% et non plus à 25% la part de gens qui se soulagent en plein air. Mais les régions qui posent encore problème n’ont pas changé: l’Afrique sub-saharienne et le sous-continent indien.
Depuis quelques années, l’ONU fait également la promotion de toilettes "durables" qui permettent de séparer les matières fécales polluantes de leur composante pouvant être réutilisée comme engrais agricole. De plus, le contenu des latrines est parfois mis à décanter afin de séparer l’urée de l’eau et d’utiliser cette dernière pour l’irrigation. Une manière d’éviter les risques de pollution posés par le tout-à-l’égout ou les canalisations à l’air libre.
Si hygiène et pauvreté sont souvent étroitement liées, l’absence de toilettes est une problématique à laquelle il faut s’attaquer. Elle n’est pas seulement une atteinte à la dignité.
MB


