Le nouveau secrétaire d'Etat du Saint-Siège, Mgr Pietro Parolin, prend ses fonctions ce mardi 15 octobre. A la fois fin diplomate et homme de terrain, cet Italien de 58 ans semble avoir le profil idéal pour seconder le pape dans sa lourde tâche.
Le cardinal Tarcisio Bertone est amer. A 78 ans, celui qui était le "Premier ministre du pape" n'est plus qu'un cardinal comme les autres, même s'il fait encore fonction de camerlingue, rôle crucial en cas de décès ou de démission d'un pape. A sa place, c'est un vrai diplomate, formé à l'Académie ecclésiastique pontificale, "l'école des nonces", qu'a choisi le pape François. Originaire de la région de Venise, Pietro Parolin, âgé de 58 ans, a fait partie de la représentation pontificale au Nigeria, au Mexique, puis au Venezuela où il a contribué à rétablir un climat de respect et de collaboration entre le gouvernement et l'Eglise catholique.
Une grande expérience internationale
Ce diplomate aguerri n'est pas non plus étranger aux rouages de la Curie romaine. Il a travaillé pendant plusieurs années au Vatican. Nommé en novembre 2002, par Jean-Paul II, sous-secrétaire de la section pour les relations avec les Etats de la secrétairerie d'Etat, il est intervenu dans diverses institutions internationales témoignant de l'attention du Saint-Siège sur les thèmes de la paix et des droits humains. Le nouveau "numéro deux" du Vatican a également travaillé sur des dossiers délicats, tels que la relance du dialogue entre Israéliens et Palestiniens, les rapports entre le Saint-Siège et le Vietnam, et a contribué à l'élaboration de la lettre de Benoît XVI aux catholiques chinois.
Le cardinal Jean-Louis Tauran a travaillé étroitement avec lui pendant quatre ans, et le décrit comme un "homme de grande expérience internationale", un "bon négociateur, très équilibré", qui "pourra accompagner le pape dans la réforme de la curie". "La diplomatie est au service de la pastorale", poursuit-il, "et Mgr Parolin l'a très bien compris et le vit." Selon lui, le pape François et le nouveau secrétaire d'Etat pourront travailler en symbiose. "Ce sont des hommes très calmes et qui ne se laissent pas impressionner par les événements. Ce sont deux tempéraments qui iront très bien ensemble."
Une diplomatie pour les pauvres
Le retour d'un diplomate à la tête de la curie romaine participe de la volonté du pape d'utiliser davantage le précieux outil dont dispose le Saint-Siège à travers son vaste réseau diplomatique. Pour l'évêque de Rome, l'Eglise doit s'impliquer directement dans les grands problèmes internationaux. Sa visite soudaine sur l'île de Lampedusa, le 8 juillet dernier, illustre très bien cette volonté, tout comme son implication personnelle dans le conflit syrien. Ainsi, lorsqu'il reçoit Martin Schulz, le président du Parlement européen, ce n'est pas pour discuter des racines chrétiennes de l'Europe, mais pour l'interroger directement sur ce que fait l'Europe pour les migrants ou contre le chômage des jeunes. "Le pape ne se préoccupe pas uniquement de l'Europe, mais du monde entier, en particulier de ceux qui souffrent. Il développe une diplomatie pour les pauvres et les pays en difficulté", résume le président de la communauté Sant'Egidio, Marco Impagliazzo.
P. A. (avec Radio Vatican et La Croix)
