Un travailleur sur six risque de plonger dans le burn-out


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Un travailleur sur six risque de plonger dans le burn-out
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

burn-outD'après une étude menée par les Universités de Liège et de Gand, un peu moins de 1% de la population active est atteinte de burn-out. Cela peut paraître peu à première vue, mais il ne s'agit que de la partie émergée de l'immense iceberg que représente le mal-être au travail. En réalité, 15 à 20% des travailleurs sont touchés par les trois critères déterminant du burn-out, à savoir l'épuisement émotionnel, le changement d'attitude par rapport au travail et enfin un sentiment d'inefficacité ou d'incompétence.

Appelé également "syndrome d'épuisement professionnel", le burn-out apparaît comme une réalité de plus en plus présente dans nos sociétés en crise. Il mine des hommes et des femmes, qui se disent éreintés par leur travail et les contraintes que leur impose un management parfois inapproprié. Ils peuvent alors se sentir frustrés, paniqués, incompris par leur entourage et leur employeur, ne plus éprouver de satisfaction professionnelle, considérer leur travail comme dénué de sens, se sentir extrêmement fatigués au point de rester parfois prostrés dans un fauteuil ou au lit, avoir des pertes de mémoire et de concentration, parvenir avec peine à tenir une conversation, devenir agressifs, cyniques, avoir des accès de colère…

Un processus lent et sournois

Bien sûr, on ne sombre pas ainsi dans le burn-out du jour au lendemain. C'est un mal qui surgit progressivement, un processus lent et sournois. Mandatés par la ministre de la santé Laurette Onkelinx, des chercheurs des Universités de Liège et de Gand distinguent trois étapes dans le processus qui conduit au burn-out: l'épuisement émotionnel, le changement d'attitude par rapport au travail (cynisme, isolement…) et enfin, un sentiment d'inefficacité ou d'incompétence.

Si moins de 1% de la population active est atteinte du burn-out, il semble, d'après les enquêtes menées en entreprises, qu'ils seraient 30 à 40% à en être au premier stade du processus, et 15 à 20% à être touchés par les trois critères déterminants de la maladie. En d'autres mots: un travailleur sur six environ est dans une situation où il risque de plonger. Un constat inquiétant, quand on sait le coût financier, humain et familial que cela représente pour la société. En Belgique, on compte désormais 300.000 personnes en incapacité de travail, soit une augmentation de 33% en 10 ans, dont la moitié pour troubles psychiques.

Cesser d'en faire un sujet tabou

Alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que le stress devient la première cause d'incapacité de travail dans les entreprises, le sujet reste encore très largement tabou, car associé à la faiblesse, à l'incapacité, à la défaillance, à l'échec. Les experts mandatés par la ministre Onkelinx propose donc plusieurs pistes de recommandations à l'attention des politiques, des médecins et des patrons. Tout d'abord, il faut cesser d'en faire un sujet tabou. Les experts proposent donc la mise en place de groupes de parole, des formations à la loi sur le bien-être au travail, des séances de désamorçage des conflits, des lieux d'écoute et de prise en charge. Ces mesures ne sont évidemment efficaces que si l'entreprise renoue avec un management de proximité.

Il faut également que les employeurs soient bien conscients que le burn-out n'est pas une grippe, que c'est la conséquence directe d'un stress au travail et qu'il touche généralement les hyper-motivés, ceux qui s'impliquent le plus dans leur travail et qui ont un idéal professionnel très élevé. Lorsque ceux qui ont eu un burn-out et reprennent le travail, il faut donc prendre la peine de réfléchir au sens qu'ils donnent à leur job, identifier ce qu'ils veulent ou peuvent encore faire et améliorer leurs conditions de travail autant que possible.

Le burn-out peut être une chance

Aujourd'hui encore, le burn-out est vécu comme une menace, alors que, traité efficacement, il peut être transformé en une chance: pour l'individu, c'est l'opportunité de se recentrer, de mieux poser ses limites, de mieux gérer sa performance sur le long terme. Pour l'entreprise qui souhaite éviter l'effet "boule de neige", c'est l'occasion d'analyser son organisation et de réfléchir sur des actions à mener afin de pérenniser la motivation et l'engagement des travailleurs.

Pascal ANDRE

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