Conformément à ce qu’il avait affirmé aux journalistes dans l’avion qui le ramenait du Brésil fin juillet, le pape François a choisi de consacrer le premier synode de son pontificat à la pastorale familiale. Celui-ci aura lieu à Rome, du 5 au 19 octobre 2014.
Le pape François avait déjà évoqué cette possibilité en juillet dernier, dans l'avion qui le ramenait des Journées mondiales de la jeunesse de Rio de Janeiro, au Brésil. Le Vatican a officialisé l'information ce mardi 8 octobre: une assemblée extraordinaire du Synode des évêques sera convoquée à Rome du 5 au 19 octobre 2014 afin de travailler aux "défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation".
Parmi les sujets qui pourraient être abordés durant ce synode, figurent certainement la défense de la famille traditionnelle, que le pape a encore évoquée vendredi 4 octobre lors de sa visite à Assise en regrettant la façon "parfois superficielle et équivoque" dont elle est considérée aujourd'hui, ainsi que la place de l'enfant à naître et des personnes âgées. Mais c'est surtout la pastorale des personnes divorcées et remariées civilement qui risque de focaliser l'attention. En effet, cette question revient régulièrement dans l'Eglise, où des voix s'élèvent pour souligner la souffrance des fidèles concernés, qui se sentent mis au ban de la communauté chrétienne, et réclamer une évolution dans ce domaine.
Vers un assouplissement des règles ?
Or, ces dernières semaines, deux interventions du pape semblent indiquer que l'on pourrait aller vers un assouplissement des règles à leur égard. Ainsi, aux journalistes qui l'accompagnaient dans l'avion au retour du Brésil, fin juillet, François avait appelé à étudier cette question "dans la totalité de la pastorale matrimoniale", tout en suggérant que "le problème juridique de la nullité du mariage" devait être revu. Par ailleurs, le 16 septembre dernier, lors d'une rencontre avec les prêtres du diocèse de Rome, il a dit qu'il fallait "trouver une autre voie, dans la justice", mais sans entrer dans le détail de ce que pourrait être cette "autre voie".
Un mini-concile
Créée par Paul VI à l'issue du concile Vatican II, l’assemblée extraordinaire du synode rassemble essentiellement les patriarches et archevêques majeurs, les présidents de conférences épiscopales du monde entier, ainsi que les chefs de dicastère du Vatican. Elle peut être convoquée, précisent les textes, "si les questions à traiter (...) requièrent une solution rapide". C'est donc un événement plutôt rare – ce type d'assemblée n'a été convoqué qu'à deux reprises par le passé (en 1969 et en 1985), même si des assemblées ordinaires se réunissent plus régulièrement et que plusieurs assemblées "spéciales" ont déjà eu lieu par le passé.
Ses assemblées permettent au pape d'entendre l'avis des différentes Eglises locales sur des sujets déterminés – ce qui fait qu'on les surnomme parfois "mini-conciles".
P. A. (avec La Croix et La Vie)
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