Un évêque bling bling fait scandale en Allemagne


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Un évêque bling bling fait scandale en Allemagne
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Mgr Franz-Peter Tebartz-van ElstLe pape François doit statuer, cette semaine, sur l'avenir de Mgr Tebartz-van Elst, évêque de Limburg, en Allemagne. Non seulement, celui-ci est critiqué pour ses manières autoritaires, mais il a aussi dépensé 31 millions d'euros, voire 40, pour la construction de sa nouvelle résidence épiscopale.

Le sort de Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst est désormais entre les mains du pape. Dimanche 13 octobre, il a pris tôt l'avion pour se rendre à Rome, où il entend plaider sa cause devant la curie. L'évêque de Limburg, âge de 53 ans, est au cœur d'un scandale depuis que la presse allemande a révélé les dépenses pharaoniques engendrées par la rénovation de sa résidence épiscopale: au moins 31 millions d'euros, voire 40 millions, selon les dernières estimations. Soit six fois plus que prévu initialement par son prédécesseur, qui avait commandé cette opération de réfection.

Outrés, les fidèles de son diocèse ont demandé sa démission. Plus de 4.000 d'entre eux ont déjà signé une lettre ouverte contre lui. Dimanche 13 octobre, environ 200 personnes se sont rassemblées devant la cathédrale pour protester contre l'évêque "de luxe", comme l'a surnommé la presse, et sa "folie des grandeurs". Même ses confrères évêques se sont désolidarisés de lui. Mgr Robert Zollitsch, président de la Conférence épiscopale allemande, se trouve d'ailleurs actuellement à Rome pour discuter de cette affaire avec le pape. Pour Mgr Stephan Ackermann, évêque de Trèves, Mgr Tebartz-van Elst doit démissionner. Il n'y a pas d'autre option.

Des dépenses difficiles à justifier

Pour l'instant, les explications de l'évêque de Limburg n'ont pas convaincu. Pour justifier la facture des travaux, il a notamment mis en avant les frais supplémentaires occasionnés par "les exigences imposées par la protection des monuments". Ce qui a été immédiatement démenti par l'architecte chargé des travaux, Stefan Dreier, qui a évalué des surcoûts de l'ordre de 400.000 euros seulement. Il y a de toute façon des dépenses qu'il lui sera difficile de justifier, comme des travaux de menuiserie dans l'appartement évalués à 350.000 euros, ainsi que la salle de bain qui aurait coûté la somme de 15.000 euros.

Mgr Tebartz-van Elst est également accusé de faux témoignage pour avoir menti sous serment lors d'un procès intenté au magazine allemand "Der Spiegel". Il a effectivement nié avoir voyagé en classe affaires jusqu’en Inde, où il venait soutenir des projets caritatifs.

Une démission en vue ?

Désormais, les rumeurs d’une démission forcée de Mgr Tebartz-van Elst vont bon train. D’autant que le Saint-Siège a décidé début septembre d’envoyer sur place le cardinal Giovanni Lajolo, ancien nonce en Allemagne et président émérite du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican. Une visite que l’évêque a pris soin de présenter lui-même comme "fraternelle" et non comme une "visite apostolique" (autrement dit, une enquête), se disant même "impatient" de la recevoir…

P. A. (avec Apic et La Croix)

 

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