Divorce et remariage : des notions à expliquer


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Divorce et remariage : des notions à expliquer
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
4 min

mariage_nonconsommeDerrière la dénomination classique "divorcés remariés", il y a des notions qui méritent d’être à nouveau expliquées. Ce qui permettrait de saisir davantage la portée des derniers propos du Vatican à ce sujet.

Par l’intermédiaire du préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi , le cardinal Mueller, le pape François vient d’ouvrir une brèche dans la résolution de la situation des chrétiens catholiques divorcés remariés. Préalablement, il faut se rappeler ce qu’il a dit dans l’interview accordée récemment à la revue jésuite "Civiltà cattolica", ainsi que lors de sa rencontre avec les prêtres de Rome à la Basilique Saint-Jean de Latran, le 16 septembre dernier.

Des notions nécessitent donc d’être à nouveau expliquées pour bien comprendre ce que les catholiques entendent derrière ces quelques termes lourds de sens: "mariage", "divorce", "nullité de mariage", etc.

"Divorce" et "nullité d'un mariage"

"Divorcer" consiste généralement à mettre fin à un mariage. "Etre divorcé" exprime dès lors un état: le résultat de cet acte. Dans le sens propre du mariage, aucune procédure de divorce n’est donc envisageable et ne sera concevable dans l’Eglise catholique. Mais il y a une issue de secours: la déclaration de nullité.

Le mariage, comme nous le savons, est un sacrement naturellement indissoluble: un signe efficace qu’on ne peut jamais rompre. C’est plutôt pour le maintien de cette institution matrimoniale que l’Eglise s’est beaucoup investie jusque maintenant, concrètement par ses agents pastoraux.

Toutefois, l’Eglise peut constater aussi la nullité d’un mariage, ce qui revient à déclarer que malgré l’éventuelle vie publique du couple, le mariage supposé contracté n’a pas eu lieu. Il revient à un tribunal collégial, constitué par trois juges, de reconnaître qu’il n’y a pas eu de sacrement. Des études et des enquêtes minutieuses sont évidemment menées avant d’en arriver à cette conclusion. Il faut aussi savoir qu’une simple séparation sans remariage s’avère toutefois possible, pour une cause grave.

Force est de reconnaître que l’Eglise catholique ne cherchera jamais une solution permettant à tous les "séparés" ou "divorcés" publiquement de se remarier. Elle peut parfois élargir son horizon en réfléchissant davantage sur l’importance et l’ampleur de la reconnaissance de la nullité de leur "mariage" à tous ceux qui peuvent se prévaloir de ce droit. Néanmoins, cette nouvelle interpellation lancée sur le mariage pourrait donc aboutir à un pas en avant, à savoir une promotion de la déclaration de nullité. Ce n’est évidemment pas encore le cas. Et cela n’impliquerait pas de diminuer la défense de l’indissolubilité de ce qui est valide.

Quels motifs pour la nullité d'un mariage?

Rappelons que dans un mariage catholique, ce sont les mariés qui font le sacrement dans l’Eglise, et non le ministre du culte. Celui-ci est en quelque sorte le témoin. Plusieurs facteurs sont donc à considérer pour la validité de ce signe efficace. C’est le consentement mutuel des mariés qui est majeur. Il doit se faire en toute liberté et en toute lucidité. Les divers motifs de la nullité d'un mariage reconnus comme tels par l’Eglise en découlent. En voici quelques exemples:

  • le défaut de consentement, dû peut-être à une contrainte subie par l’un des mariés;
  • le défaut canonique, si celui qui reçoit les consentements mutuels n’a pas reçu l’autorisation de l’ordinaire de lieu;
  • l’immaturité grave, les troubles mentaux;
  • l’impuissance à l’acte conjugal ou le refus de procréer;
  • l’erreur sur les qualités essentielles de la personne, qui peut être considérée par exemple dans le cas où la mariée a menti à son époux sur sa virginité.

L’instruction Dignitas Connubii, publiée le 25 janvier 2005 par le Conseil pontifical pour les textes législatifs, avançait déjà des directives. Mais avec cette nouvelle orientation donnée par le cardinal Mueller, ne serait-il pas aussi nécessaire de qualifier tel ou tel acte comme motif de nullité d’un mariage? Ne faudrait-il pas aussi entamer une réflexion sur les nombreux couples qui viennent se marier à l’Eglise, sans aucune contrainte, mais seulement pour le "paraître" ou par "tradition", sans prendre conscience du sacrement?

Rakotonandratoniarivo Guillaume

Lire aussi l'article "Rome rappelle sa position sur les divorcés remariés"

Catégorie : L'actu

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