Syrie : « Que le cri de la paix s’élève pour arriver au cœur de tous ! »


Partager
Syrie : « Que le cri de la paix s’élève pour arriver au cœur de tous ! »
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

pape Francois 5Le dimanche 1er septembre, lors de la prière de l'Angelus, place Saint-Pierre, le pape François a annoncé que le samedi 7 septembre serait une journée de prière et de jeûne pour la paix en Syrie. Tout en condamnant fermement l'utilisation des armes chimiques, il a invité la communauté internationale à aller dans le sens du dialogue et de la négociation, plutôt que dans celui de la violence.

Le président français, François Hollande, qui se montrait déterminé à frapper sans délai la Syrie, se retrouve aujourd'hui contraint d'attendre le bon vouloir de son allié américain. Barack Obama a effectivement annoncé son intention de consulter le Congrès avant de prendre une décision. Vu que les débats ne débuteront pas avant le 9 septembre, les frappes aériennes annoncées la semaine dernière avec grand fracas n'auront probablement pas lieu avant dix ou quinze jours. Un délai qui montre que la France et les Etats-Unis hésitent à intervenir militairement en Syrie.

Ce pas en arrière doit probablement réjouir le pape François qui vient d'appeler le monde entier à prier et à jeûner le 7 septembre prochain pour la paix en Syrie. "Que le cri de la paix s'élève pour arriver au cœur de tous", a-t-il lancé lors de l'Angelus, le 1er septembre dernier. Lui-même se tiendra en prière, de 19h à minuit, place Saint-Pierre, a-t-il précisé, invitant l'ensemble des chrétiens, mais aussi les croyants d'autres religions et les non-croyants, à se joindre à cette journée, afin de former "une chaîne qui unisse toutes les femmes et les hommes de bonne volonté".

"La guerre appelle la guerre"

Marqué par "les terribles images de ces derniers jours", la pape a condamné avec "une fermeté particulière" l'utilisation des armes chimiques et mis en garde ceux qui y ont eu recours devant "le jugement de Dieu et le jugement de l'histoire auquel on ne peut pas échapper". Il a par ailleurs rappelé, à l'attention de la France et des Etats-Unis, que le recours aux armes était loin d'être la solution. "La guerre appelle la guerre, la violence appelle la violence", a-t-il insisté, avant d'inviter la communauté internationale à "promouvoir, sans plus d'hésitation, des initiatives claires basées sur le dialogue et la négociation".

La crise syrienne semble, en tout cas, préoccuper au plus haut le souverain pontife, puisque, la veille de cet appel, il réunissait autour de lui, de manière assez inhabituelle, plusieurs proches collaborateurs, dont le Secrétaire d'Etat sortant Tarcisio Bertone, pour parler du conflit et envisager certaines initiatives que pourrait prendre le Saint-Siège.

Dans son édition de lundi 26 août, l’"Osservatore Romano" ne cachait pas non plus son opposition à une intervention militaire des Occidentaux en Syrie. Le quotidien du Vatican relayait ainsi les propos du nonce apostolique à Damas, Mgr Mario Zenari, exhortant la communauté internationale à la prudence et à la sagesse.

Relancer les négociations

Le Secrétaire général de Caritas Internationalis, Michel Roy, plaide, lui aussi, pour la reprise du dialogue. "Le peuple syrien n’a pas besoin de nouvelles effusions de sang, mais d’une conclusion rapide du conflit. Il a besoin d’une trêve immédiate. Une intervention militaire de la part de puissances étrangères ne fera qu’approfondir la guerre et augmenter la souffrance", a-t-il expliqué dans une note envoyée à l'agence catholique Fides, tout en rappelant "les conséquences tragiques des interventions militaires en Irak, en Afghanistan et en Libye". Pour lui, "la priorité doit être de relancer les négociations à Genève comme premier pas vers un cessez-le-feu et un accord de paix".

P. A. (avec Apic et "La Croix")


Dans la même catégorie