Les Grands discutent à l’ONU


Partager
Les Grands discutent à l’ONU
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
4 min

ban ki moonLa 68e assemblée générale de l’ONU s’est ouverte mardi 24 septembre, à New York. L'occasion pour les dirigeants du monde de passer en revue les dossiers sensibles, telle la situation syrienne mais également de faire avancer des processus de paix. Eclairage.

"Nous sommes la première génération qui a les moyens de faire disparaître la pauvreté de la surface de la terre. Pourtant, des pressions de plus en plus fortes s’exercent sur la planète et ses habitants. Le climat se réchauffe. Les jeunes ne trouvent pas d’emploi. Les conflits perdurent". Le discours d'entrée, à l’ouverture du débat général de l’Assemblée générale des Nations Unies, du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, était ardent et poignant. En voici quelques extraits…

Sur la situation des femmes

"L’autonomisation des femmes et leurs droits doivent être au cœur de tout ce que nous faisons. L’équation est simple: lorsque les filles sont en bonne santé et scolarisées, lorsque les femmes sont protégées par la loi et ont accès aux ressources financières, lorsque les femmes vivent à l’abri de la violence et de la discrimination, les nations prospèrent. Je joins ma voix à celle des dirigeants qui se réuniront cet après-midi pour adopter une déclaration énergique sur la violence sexuelle en temps de conflit. Le XXIe siècle doit être le siècle des femmes".

Sur la crise syrienne

"Le nombre de morts dépasse de loin les 100 000. Le nombre de personnes qui ont dû fuir dépasse de loin les 7 millions – un tiers de la population. Des familles sont assiégées. Des villes et des villages sont en ruines. L’économie s’est effondrée. Des groupes humains forts de la diversité de leurs traditions et de leurs convictions sont maintenant déchirés. La région est dangereusement déstabilisée. Des civils ont été victimes d’attaques à l’arme chimique comme il ne s’en était pas vu depuis un quart de siècle. Toute une génération perdue de jeunes gens vit dans des camps de réfugiés. Qui de nous pourra dire que ces jeunes ont tort, que leurs mères et leurs pères ont tort, de se sentir abandonnés par la communauté internationale?"

"Nous ne saurions nous contenter de détruire les armes chimiques pendant que la guerre continue de détruire la Syrie. Ce sont, pour l’essentiel, des armes classiques qui sont utilisées pour tuer ou commettre des atrocités. Je demande à tous les États d’arrêter d’alimenter le conflit sanglant qui déchire la Syrie et mettre un terme aux livraisons d’armes à toutes les parties. Je compte sur l’adoption imminente d’une résolution contraignante du Conseil de sécurité sur les armes chimiques. (…) L’emploi d’armes chimiques, acte odieux, a suscité un mouvement diplomatique, premier signe d’unité depuis bien trop longtemps. Nous devons en tirer parti pour amener les parties à la table des négociations".

Les dirigeants

"Vous, dirigeants, êtes là pour servir les peuples. Vous pouvez être ceux qui présideront à l’éradication de la pauvreté, concrétiseront la volonté des peuples et feront entrer l’humanité dans une ère de développement et de paix durables".

Le cas iranien, le Cachemire…

Outre la Syrie, une autre question agite le monde diplomatique réuni à New York : le nucléaire iranien. Le président tout nouvellement élu, Hassan Rohani, va être scruté à la loupe au cours de cette semaine par les Occidentaux qui ont délégué leur pair français, François Hollande, pour le rencontrer le jour de l’ouverture de l’AG de l’ONU. Du jamais vu depuis 2005… Deux présidents français et iranien, François Hollande et Hassan Rohani, se sont serrés la main mardi 24 septembre. Hassan Rohani, qui s’est donné pour mission d’alléger les sanctions internationales qui étranglent son pays, pourrait ainsi ouvrir au cours de cette 68e assemblée générale de l’ONU une nouvelle ère des relations de l’Iran avec l’Occident.

De son côté, le Premier ministre indien, Manmohan Singh, a annoncé mercredi 25 septembre qu'il allait rencontrer dans les prochains jours son homologue pakistanais, Nawaz Sharif, suscitant l'espoir d'un apaisement des tensions entre les deux frères ennemis qui se disputent le Cachemire. Les deux hommes vont se rencontrer en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, la presse indienne évoquant un entretien dimanche. Il s'agit du premier entretien entre les chefs de gouvernement des deux pays depuis 2010. Sur le Cachemire, les relations entre Inde et Pakistan, tous deux pourvus de l'arme nucléaire, se sont déteriorées en août à la suite d'échanges de tirs le long de la Ligne de Contrôle (LoC). Ces accrochages le long de la frontière très militarisée séparant les parties indienne et pakistanaise du Cachemire ont fait plus d'une dizaine de morts en un mois, d'après l'AFP.

Anne Leconte/UN.org

Catégorie : L'actu

Dans la même catégorie