Vendredi 27 septembre, le pape François s'est adressé à plus de 1.600 catéchistes d'une cinquantaine de pays. Il les a mis en garde contre l'excès d'intransigeance et de rigueur, contre le risque de rester enfermé dans des certitudes. "Pour être fidèle, il faut savoir changer", a-t-il martelé.
Dimanche 29 septembre, le pape François a présidé la messe conclusive des Journées des catéchistes, devant quelque 100.000 personnes. S'inscrivant dans le cadre de l'Année de la foi, ces Journées s'adressaient à toutes celles et tous ceux qui sont impliquées dans la catéchèse, l'enseignement catholique, le catéchuménat, la formation permanente et les équipes de préparation au mariage et au baptême. Dans son homélie, l'évêque de Rome a tenu à leur dire combien leur rôle est essentiel dans l'Eglise. Le catéchiste, a-t-il expliqué, est "celui qui garde et alimente la mémoire de Dieu, la garde en lui-même et sait l'éveiller chez les autres".
"Dieu n'est pas rigide"
Mais si la catéchèse est un pilier de l'éducation à la foi, elle doit aussi évoluer et se renouveler. Ainsi, s'adressant vendredi 27 septembre aux 1.600 responsables nationaux et diocésains de la catéchèse venus de 51 pays, le pape François n'a pas manqué de tenir des "paroles de provocation", comme l'en a remercié Mgr Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, organisateur de ces journées. La catéchèse est effectivement un des terrains où le pape veut bousculer l'Eglise dans sa "manière d'être".
Dans le discours qu'il leur a adressé, il est notamment revenu sur la nécessité de sortir de soi-même pour aller vers les périphéries, et a mis en garde les participants contre l'excès d'intransigeance et de rigueur, contre le risque de rester enfermer dans des certitudes. "Pour être fidèle, il faut savoir changer", a-t-il martelé. "Dieu n'est pas rigide." Il a également affirmé qu'il ne faut pas seulement "faire" le catéchisme, car cela ne sert à rien, mais qu'il faut "être" des catéchistes, tant par la parole que par les actes. "Si un catéchiste se laisse saisir par la crainte, c'est un lâche", a-t-il ajouté. "Si un catéchiste reste tranquille dans son coin, il finit par être comme une statue dans un musée. Si un catéchiste est rigide, il devient stérile et raide comme un parchemin."
Bien sûr, des accidents ne sont pas exclus lorsqu'on ose s'aventurer hors des sentiers battus, mais le pape a déclaré avec force: "Je préfère mille fois une Eglise accidentée qu'une Eglise malade."
Le témoignage de quatre catéchistes belges
Geneviève, Sylva, Raymonde et Odette étaient quatre des dix catéchistes belges qui se sont rendues ce week-end à Rome pour y retrouver le pape et des catéchistes du monde entier. Enseignement, témoignages, visite sur la tombe de saint Pierre, rencontre avec le pape, messe sur la place Saint-Pierre... Le programme fut chargé, mais surtout varié et concret, nous ont-elles confié. Leurs impressions recueillies par Bosco d'Otreppe, notre correspondant à Rome.
P. A.

