En comparaison aux autres Etats membres de l'UE, il est particulièrement difficile pour une personne d'origine étrangère de trouver du travail en Belgique. Or, le travail est un facteur d'intégration important.
Les résultats du premier monitoring socio-économique élaboré par le SPF Emploi et le Centre pour l'Egalité des chances et la lutte contre le racisme ne constituent pas vraiment une surprise. Il confirme ce que d'autres études avaient déjà mis en avant: les Belges de souche présentent un taux d'activité et d'emploi bien plus élevé que celui des personnes d'origine étrangère. De plus, ils sont surreprésentées dans les emplois de meilleure qualité (employés, fonctionnaires, emplois stables, temps plein, rémunérations plus élevées...).
Des écarts importants
Par ailleurs, ce rapport confirme certains clichés: les travailleurs issus d’un des nouveaux Etats membres de l’Union européenne, comme la Pologne, la Roumanie et la Bulgarie, sont surreprésentés dans la construction, tandis que les Asiatiques sont davantage présents dans le secteur Horeca. Par ailleurs, les personnes originaires d'Afrique (excepté le Maghreb) sont surreprésentés dans le secteur de la santé et de l’action sociale.
Le salaire est un autre indicateur frappant : si on excepte les personnes originaires d’Amérique du Nord, les travailleurs ayant une origine étrangère gagnent en général moins bien leur vie que les travailleurs belgo-belges. Et c’est en Flandre que leur surreprésentation dans les bas salaires est la plus marquée.
Le secteur de l’intérim marque aussi des différences importantes. Seuls 2 % des travailleurs belgo-belges sont employés sous contrat d’intérimaire. Ce chiffre est 5 fois plus élevé parmi les personnes d’origine africaine et 4 fois plus élevé chez les personnes originaires du Maghreb ou de Turquie.
Un facteur d'intégration
"Travailler est un facteur qui permet l'intégration dans notre société", a réagi la ministre de l'Emploi, Monica De Coninck, le 5 septembre dernier. "Il est donc très important de travailler ensemble, à tous les niveaux politiques mais aussi avec les entreprises, et d'investir dans la formation et le coaching des jeunes, surtout dans les grandes villes. Notre devoir est d'aider ces jeunes à s'intégrer sur le marché de l'emploi car, dans quelques années, beaucoup de travailleurs prendront leur pension. Nous aurons alors besoin de jeunes parfaitement formés pour investir les postes vacants."
La ministre a également souligné la réalité du racisme sur le marché du travail. "Il faut un changement de mentalité de certaines personnes qui refusent d'engager des allochtones", a-t-elle insisté. "Or, j'ai remarqué que les entreprises qui travaillent activement à la diversité, sont nettement plus performantes."
P. A.

