Enseignement: l’austérité menace les accords de la Saint-Boniface


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Enseignement: l’austérité menace les accords de la Saint-Boniface
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

ecole libreReprenant les débats budgétaires, les gouvernements de la Région wallonne et de la Communauté française vont devoir décider s'ils gèlent ou non les budgets des écoles du réseau subventionné. Au risque de remettre en question les accords de la Saint-Boniface.

En 2001, les accords de la Saint-Boniface prévoyait une augmentation progressive des moyens accordés aux écoles du réseau subventionné (écoles libres, communales, provinciales) pour que ces derniers atteignent 75% des dotations accordées aux établissements de l'enseignement organisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais la cure d'austérité est passée par là et la dernière tranche d'argent qu'il restait à verser à ces écoles risque d'être gelée…
Du coup, pour être respectueux de ce qui était prescrit dans le Pacte scolaire, les gouvernements envisagent de diminuer progressivement les dotations pour les écoles ex-Etat… Une baisse conséquente, qui affectera principalement le secondaire, avec une subvention qui diminuera, à terme, de 300 euros par élèves.

Pas de "différence objective"

Tout autant que la CGSP (qui demande des mesures plus douces, touchant les subventions de l’ensemble des réseaux), le Secrétariat général de l’enseignement catholique (Segec), refuse une telle mesure. Son directeur, Etienne Michel, fait valoir notamment que, si le seuil de 75% est atteint au maternel et au primaire, ce n'est pas du tout le cas dans le secondaire où les subventions accordés à l'enseignement libre n'atteignent que 58% de ce qui est accordé à l'enseignement géré par la fédération Wallonie-Bruxelles.
Dans le journal "Le Soir", Etienne Michel rappelle que cette différence heurte la Constitution dont l’article 24 évoque l’égalité de traitement entre élèves et écoles. Et selon lui, aucune "différence objective" ne peut justifier de tels écarts de traitement. D'ailleurs les obligations visant l’officiel s'appliquent de plus en plus à l’école libre (inscriptions, socles de compétences, évaluations externes, etc.).
Le directeur du Segec indique également que la Belgique est le pays de l'OCDE qui finance le plus maigrement ses réseaux subventionnés. Il demande donc le strict respect de l’accord de la Saint-Boniface, faisant notamment valoir le fait qu'un gel des subventions prendrait de court les écoles qui ont planifié des emprunts ou des investissements en tablant sur des subventions à la hausse…

P.G. (avec Le Soir)

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