Lors de son déplacement à Cagliari, le second en Italie depuis le début de son pontificat, le pape François a consacré une grande partie de son temps à écouter, encourager et réconforter les victimes de la crise.
L'Eglise doit être "comme un hôpital de campagne après la bataille". Telle est l'image que le pape François a choisi d'utiliser dans son long entretien accordée à la revue jésuite "Civilta Cattolica". En visite ce dimanche 22 septembre en Sardaigne, il a illustré ce propos en réconfortant et encourageant les chômeurs et les jeunes en quête d'avenir venus l'écouter. Cette île italienne, qui était par le passé fortement industrialisée, connaît en effet une crise très profonde. Le taux de chômage était de 18,6% en juin dernier, loin devant les 12% de moyenne sur tout le territoire italien. Dans la seule province de Cagliari, un jeune sur deux est sans travail.
Proximité avec les chômeurs
Dès son arrivée, le pape s'est donc ému du drame que représente la crise de l'emploi sur l'île. Après avoir écouté les témoignages d'un ouvrier, d'un chef d'entreprise et d'un agriculteur, et après avoir lu la première partie du discours qu'il avait préparé, il est sorti de son texte pour manifester sa proximité avec les jeunes chômeurs, avec ceux qui sont en arrêt de travail ou en situation précaire, avec les chefs d'entreprise et les commerçants qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts.
"C’est une situation que je connais bien, par mon expérience en Argentine", a-t-il confié, évoquant le cas de sa famille. Son père a quitté son pays quand il était jeune, avec l’illusion de trouver son chemin en Amérique. "Il a beaucoup souffert lors de la terrible crise des années ’30. Ils ont tout perdu! On ne trouvait pas de travail! Et j’ai entendu parler de cela pendant mon enfance à la maison."
"Le travail, c'est la dignité"
Le pape s'en est ensuite pris ouvertement à l'injustice du système économique mondial. Cette injustice, a-t-il expliqué, est "la conséquence d'un choix mondial, d'un système économique qui a en son centre une idole qui s'appelle l'argent, un système dépourvu d'éthique, où c'est l'argent qui commande." Le problème, c'est que ce sont les plus faibles qui paient les conséquences de ce système économique idolâtre: les personnes âgées qu'on laisse tomber, les jeunes qui ne trouvent pas d'emploi… Et le Pape a suscité l’enthousiasme de la foule en scandant: "Travail, travail, travail…. Il faut prier pour le travail. Le travail, c’est la dignité, c’est subvenir aux besoins de sa famille. Travailler, cela veut dire aimer!"
Une société plus fraternelle et solidaire
Au-delà des questions liées au travail, le voyage du pape François en Sardaigne a été aussi l’occasion pour lui d’exprimer tendresse et compassion auprès des personnes malades et handicapées, qu’il a embrassées une à une dans le sanctuaire marial de Bonaria. L'évêque de Rome a aussi profité de la messe célébrée face à la Méditerranée pour lancer une mise en garde contre les bonimenteurs qui promettent des illusions. "Pour sortir de la crise", a-t-il martelé, "les responsables des institutions doivent assurer avec loyauté le respect des droits fondamentaux des personnes et des familles et promouvoir une société plus fraternelle et solidaire."
P. A. (avec Apic et Radio Vatican)

