Le taux d'emploi des travailleurs de plus de 55 ans en Belgique a bien progressé ces dix dernières années. Mais il reste encore nettement inférieur aux exigences européennes. Une étude du CRISP (Centre de echerche et d'information sociopolitiques) estime qu'il est possible d'améliorer ce taux d'emploi avec des mesures gouvernementales mieux ciblées.
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En 2001, le taux d'emploi des 55-64 ans en Belgique n'était que de 25%. Une décennie plus tard ce taux est passé à 39,5%. Une progression encourageante mais contrebalancée par le fait que ce chiffre est l'un des plus faible au niveau de l'Union Européenne qui exige un taux d'emploi de 50% pour cette classe d'âge et un relèvement de cinq ans de l’âge moyen de sortie du marché du travail pour ces plus de 50 ans.
Dans son étude intitulée "Le vieillissement au travail", le Crisp dresse le profil statistique des travailleurs belges de plus de 50 ans (par branche d’activité, sexe, taux d’occupation…) et étudie la réalité de leurs conditions de travail (pénibilité, stress, soutien des supérieurs hiérarchiques, perspectives professionnelles…). Il analyse aussi la perception qu’ont les travailleurs vieillissants de la soutenabilité de leur travail, c’est-à-dire leur sentiment d’être ou non capables d’exécuter les mêmes tâches lorsqu’ils auront 60 ans, et leur volonté de réduire leur temps de travail en fin de carrière.
Explosion du temps partiel
Les secteurs où les plus de 50 ans sont très bien représentés sont différents selon que l'on est un homme ou une femme. Les aînés masculins sont encore nombreux dans les activités industrielles et dans l'administration publique. Côté femmes, c'est surtout dans l'enseignement, les services marchands et non-marchands et les secteurs de la santé et de l'action sociale. En revanche, les travailleurs âgés sont proportionnellement moins représentés dans le commerce, la réparation et les garages: il n'y représentent en moyenne que 10% des effectifs.
Parmi les raisons qui font que l'on quitte son travail plus jeune que prévu, l'étude du Crisp épingle le travail en horaires décalés, certaines postures de travail mais aussi le rythme de travail qui s'accélère dû au respect à des délais sans cesse plus serrés.
Les auteurs font également ressortir l'importante progression du travail en temps partiel qui concerne désormais 17% des hommes de plus de 50 ans. Ils sont ainsi deux fois plus nombreux qu'il y a 10 ans. L'évolution est moins marquée chez les femmes. Mais elles sont plus de la moitié à ne pas travailler à temps plein.
Une nouvelle approche
Pour les auteurs de cette étude (Gérard Valenduc et Patricia Vendramin), si le taux d'emploi de cette classe d'âge est si faible aujourd'hui, c'est parce que les mesures prises par le gouvernement pour encourager le maintien de l'emploi des aînés jusqu’à l’âge légal de la pension étaient surtout dictées par des soucis de financement de la sécurité sociale. Pour eux, mieux vaudraient des dispositions visant à améliorer la qualité de vie au travail mais aussi l'aménagement de ce temps de travail et de la fin de carrière pour les personnes de plus de 50 ans. Des mesures qui relèvent aussi de la responsabilité des employeurs.
P.G.


