Le cliché selon lequel tous les indépendants sont riches ne correspond pas à la réalité. Surtout en cette période de crise. Non seulement, leurs revenus augmentent moins vite que la hausse générale des prix, mais, en outre, 16% d'entre gagnent moins de 833 euros par moi, précise le Syndicat neutre pour indépendant. Ce qui est inférieur au seuil de pauvreté fixé à 973 euros mensuels.
Si de nombreux salariés ont perdu leur emploi ces derniers mois, on ne peut pas vraiment dire que les indépendants soient beaucoup mieux lotis. Et s'il est difficile de dresser un panorama global de leur situation, tant les réalités des indépendants sont diverses, certains indicateurs reflètent parfaitement leurs difficultés.
Premier constat alarmant: le nombre d'entreprises disparues ne cesse de croître. Au premier semestre 2013, elles étaient plus de 50.000 à s'éteindre des suites d'une faillite ou d'une cessation d'activité. Or, pour la même période, la création d'entreprise plafonnait à 36.218 unités. Bien sûr, cette tendance n'est pas neuve, mais le fossé se creuse d'année en année. Ce qui n'a rien d'étonnant, vu les nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés nombre d'indépendants.
En premier lieu: l'accès au financement. D'après l'Union des Classes Moyennes (UCM), près de 29% des entreprises se sont vues refuser un crédit cette année, alors qu'on était à 20% en 2010.
Des chiffres inquiétants
Autres difficultés pour l'indépendant: la pression fiscale et les charges administratives. Même ceux qui s'en sortaient bien au départ de la crise souffrent de plus en plus. Les chiffres fournis par l'UCM ont, il est vrai, de quoi donner le tournis:
- Un indépendant sur 25 est confronté à des difficultés de paiement et un indépendant sur 45 sollicite l'exemption de ses cotisations.
- Plus de 5.500 demandes de délais pour payer ses cotisations ont été enregistrées sur les six premiers mois de l'année, ce qui représente une croissance de 5% par rapport à 2012.
- Parallèlement, le montant associé aux demandes de délai a littéralement explosé: de 3,2 millions d'euros en 2010 à 6 millions d'euros en 2013.
Enfin, plus inquiétant, les revenus des indépendants sont véritablement en chute libre. Selon l'UCM, ils augmentent moins vite que la hausse généralisée des prix. Un tableau que vient encore noircir le Syndicat neutre pour indépendant, puisque d'après lui, 16% des indépendants gagnent moins de 833 euros par mois, alors que le seuil de pauvreté est fixé à 973 euros. Tous les indépendants ne sont évidemment pas touchés de la même manière. Les plus bas revenus sont constatés dans des secteurs tels que l'agriculture, les services et le commerce. Les professions libérales, elles, ont des revenus plus élevés.
Des pistes de solution
Afin de combattre la précarité grandissante des indépendants, le Syndicat neutre pour indépendant plaide pour l’extension de l’assurance faillite, une indemnité de cessation d’activité et un meilleur soutien pour les entrepreneurs starters.
P. A.

