Vatican : la rupture avec les traditionalistes d’Ecône semble proche


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Vatican : la rupture avec les traditionalistes d’Ecône semble proche
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
4 min

Au point mort depuis des mois, les discussions entre le Saint-Siège et la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) pourraient être définitivement rompues. En cause, le rejet par les « lefebvristes » du Concile Vatican II.

Durant son pontificat, le pape émérite Benoit XVI a tenté de rapprocher les traditionalistes de Rome. Des négociations ont été entamées et l’excommunication qui frappaient les quatre évêques de la FSSSPX ordonnés par Mgr Lefebvre, a été levée en signe de bonne volonté et de main tendue du Vatican. Rappelons que ces sont ces ordinations épiscopales initiées par Mgr Marcel Lefebvre qui avait été le point de rupture entre Rome et Ecône, et entraîné l’excommunication.

Malgré des avancées modestes, les choses semblent aujourd’hui devoir arriver à un point de rupture définitif. Le magazine allemand « Focus » a annoncé que Rome a l'intention de mettre fin au dialogue avec les traditionalistes de la Fraternité sacerdotale saint Pie X et que Mgr Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, devrait s'exprimer prochainement à ce sujet, mettant un point final à la tentative de rapprochement.

Des déclarations de trop...

La décision aura été prise en raison des déclarations de la FSSPX, fin juin, lors du 25e anniversaire des sacres illicites de quatre évêques, qui a été l’occasion, pour les traditionnalistes de répéter leur opposition formelle au concile Vatican II et à tous les changements dans l'Eglise qui en ont découlé. Dans son homélie, prononcée à l’occasion de cet anniversaire et de l’ordination de nouveaux prêtres à Ecône, de Mgr Tissier de Mallerais, l’un des quatre évêques de la FSSPX, a notamment déclaré : « Nous ne sommes et n'avons jamais été une Église parallèle depuis les sacres épiscopaux. L'Église parallèle, elle est ailleurs. Suivez mon regard. Nous sommes de l'Église catholique, avec la Rome éternelle ». Allusion à peine voilée au fait que c’est Rome qui s’égare… De même, se référant à une étude de la fraternité datant de 2004, il a répété, à propos de l’œcuménisme, que « méprisant l’enseignement constant et unanime de la Tradition selon lequel le Corps mystique du Christ est l’Eglise catholique et qu’en dehors d’elle il n’y a pas de salut, cet œcuménisme a comme détruit les plus beaux trésors de l’Eglise parce que, au lieu d’accepter l’unité fondée sur la vérité entière, il a voulu construire une unité adaptée à une vérité mariée d’erreur ».

Non définitif à Vatican II

Par ailleurs, la FSSPX a ouvert un site internet dédié à l’analyse de Vatican II. L’abbé Régis de Cacqueray, Supérieur du district de France, qui a la responsabilité du site y écrit : « Il n’apparaît pas superflu d’ouvrir un site dédié à la découverte des événements du concile Vatican II, aux hommes qui l’ont fait, aux textes officiels qui y ont été publiés, aux conséquences qui en découlent, pour mieux comprendre les enjeux du débat doctrinal que le concile Vatican a suscité et suscite encore aujourd’hui. Comme il s’agit d’un domaine qui touche à la foi catholique et au dépôt révélé, au magistère de l’Eglise, le site se veut accessible à tout lecteur de bonne volonté, désireux d’abord de connaître la vérité des faits, le contenu des textes et ainsi l’éclairer sur leur sens et leur portée, à la lumière de la théologie catholique ». Et il ajoute, sans ambiguïté : « Les discussions doctrinales qui se sont récemment tenues entre des représentants du Saint-Siège et des membres de la FSSPX ont permis de mesurer l’étendue des divergences qui séparent les tenants de la doctrine officielle de l’Eglise et les défenseurs de la doctrine catholique de toujours ».

Bref, tout semble dit. Une occasion manquée si l’on se souvient que le processus de dialogue, lancé par la volonté du pape Benoît en 2009, avait abouti fin 2011 à la proposition faite aux traditionalistes de souscrire à un 'préambule doctrinal' reconnaissant le concile Vatican II. En échange de quoi, ils auraient pu obtenir une reconnaissance canonique dans l'Eglise, vraisemblablement sous la forme d'une prélature personnelle. Après plusieurs allers-retours, la FSSPX a finalement refusé de signer ce protocole.

Les discussions sont au point mort depuis environ un an, malgré une ultime tentative de Mgr Augustine Di Noia, vice-président de la Commission Ecclesia Dei, qui, juste avant la renonciation de Benoît XVI, aurait laissé jusqu’au 22 février à la Fraternité pour donner une réponse définitive. Certains observateurs ont mis aussi cela sue le fait que la renonciation du pape Benoît XVI, qui avait le souci personnel de tenter une réconciliation avec les intégristes, a également mis un coup de frein au processus. Et comme le pape François fait régulièrement référence, à juste titre, au Concile Vatican II, qui donna un visage moderne à l’Eglise, on ne voit pas ce qui pourrait rapprocher Ecône de Rome. Raison pour laquelle Mgr Gerhard Ludwig Müller aurait l’intention de mettre fin au dialogue. Dans le quotidien italien La Repubblica , le frère Enzo Bianchi, prieur de la communauté de Bose en Italie, a indiqué savoir « de bonnes sources » que la FSSPX serait en train de préparer de nouvelles ordinations épiscopales sans l’accord de Rome. A coup sûr, si cela se concrétise, ces ordinations équivaudraient à une véritable une déclaration de guerre vis-à-vis du pape François.

J.J.D.

Catégorie : L'actu

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