Pape François à Varguinha : « tout ce qui se partage se multiplie »


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Pape François à Varguinha : « tout ce qui se partage se multiplie »
Par admin
Publié le - Modifié le
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Le pape a pris son temps, malgré la pluie, en visitant dans la matinée du 25 juillet 2013, la favela de Varguinha, située dans le quartier de Manguinhos, au Nord de Rio de Janeiro. Dans une ambiance survoltée, le pontife, visiblement ému, a été accueilli avec chaleur par les habitants de la 'communauté’ de ce lieu récemment "pacifié" par les autorités brésiliennes. Un dispositif de sécurité impressionnant avait été déployé pour l’occasion.

Des chants aux accents charismatiques, de très nombreux enfants, des femmes tenant leurs bébés à bout de bras et des responsables de la sécurité du pape aux nerfs solides. La première visite du pape François dans une favela s’est déroulée dans une ambiance festive et empreinte d’une grande émotion, a constaté I.MEDIA.

Après la visite de la chapelle, le pontife a traversé la rue principale en prenant le temps, comme à son habitude, de saluer ceux qui se trouvaient sur son passage. Passant devant un immense portrait de Mgr Oscar Romero, l’évêque du Salvador assassiné en 1980 par les escadrons de la mort et emblème des luttes sociales en Amérique latine, ou encore devant le bâtiment d’une église évangélique, le pape a écouté et échangé avec le curé de la petite église catholique locale.

A un groupe d’enfants, le pape a tout d’abord demandé de se taire et de se recueillir, avant de les bénir avec tendresse, leur souriant et les encourageant, pris ensuite dans les bras d’un petit garçon aux anges, alors qu’un autre se mettait à pleurer après l’avoir salué. Sur son chemin jusqu’au terrain de sport où il devait adresser un discours aux fidèles, transformé en terrain de boue à cause du mauvais temps, le pape est entré dans une petite maison jaune, acclamé par les habitants.

"Francisco eu te amo"
"Francisco eu te amo", "François, je t’aime", ont scandé les habitants de la favela à l’arrivée du pape sur le petit terrain de foot de la favela, trempé après les grosses pluies qui ont cessé peu avant l'arrivée du pontife pour reprendre ensuite de plus belle.

Dans son discours, le pape a insisté sur le mot solidarité à plusieurs reprises, regrettant qu’il soit parfois considéré par certains comme un "gros mot". Dans cette petite favela récemment "pacifiée" par les autorités brésiliennes, mais théâtre d’échanges de tirs fréquents il y a quelques mois à peine (on surnommait ce lieu la Bande de Gaza du Brésil), le pontife a rappelé que ces efforts étaient inutiles sans un engagement pour le "vrai développement", capable d’intégrer toutes les composantes de la société brésilienne, pour vaincre les inégalités. "Aucun effort de “pacification” ne sera durable, il n’y aura ni harmonie, ni bonheur pour une société qui ignore, qui met en marge et abandonne dans la périphérie une partie d’elle-même. Une telle société s’appauvrit ainsi simplement et perd même quelque chose d’essentiel pour elle-même. Rappelons-nous-le toujours : c’est seulement quand nous sommes capables de partager que nous nous enrichissons vraiment ; tout ce qui se partage se multiplie ! La mesure de la grandeur d’une société est donnée par la façon dont elle traite celui qui est le plus nécessiteux, qui n’a rien d’autre que sa pauvreté !"

Le Pape, très à l’aise, appréciant visiblement l’accueil des plus chaleureux que lui réservait la population, est alors monté sur l’estrade préparée pour lui, et s’est adressé à un public conquis par sa simplicité et son enthousiasme. "Je frappe à la porte de cette communauté qui aujourd’hui représente tous les quartiers du Brésil". "J’aurais voulu frapper à la porte de chaque maison, dire bonjour, demander un verre d’eau fraîche, prendre un « cafezinho », parler comme un ami, un voisin, écouter le cœur de chacun, de vous parents, vous les enfants, vous les grands-parents". "Mais le Brésil est si grand !"

(apic/imedia/mm/mp/rv)

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