Mardi 2 juillet, une grande foule occupait l'emblématique place Tahrir et les abords du palais présidentiel dans le quartier d'Héliopolis, scandant "dégage !" à l'encontre du président Mohamed Morsi. Selon le Père Rafic Greiche, responsable de la Communication des évêques catholiques d’Egypte, plus de 80% des Egyptiens sont opposés au gouvernement et au président.
Les affrontements sanglants entre Pro et Anti-Morsi monopolisent les Unes des médias internationaux. Pourtant, la réalité est bien loin de ce 50-50 réducteur...
"La majorité des Égyptiens, musulmans et chrétiens, riches et pauvres, jeunes femmes vêtues à l’occidentale ou portant le hijab, tous sont descendus dans les rues pour rejeter ce gouvernement. Même ceux qui ont voté pour lui et qui maintenant s’en repentent", révèle le Père Greiche. "Les Frères musulmans eux-mêmes, dont le président est issu, sont divisés. Ce qui vient s’ajouter à une opposition entre la Confraternité et les groupes salafistes tels que le parti Nour, qui appuie la contestation populaire".
L'ultimatum du 1er juillet…
Le 1er juillet, les forces armées ont adressé un ultimatum de 48 heures au gouvernement afin qu’il surmonte l’impasse qui paralyse le pays depuis des semaines. Sans quoi les militaires imposeront une feuille de route pour l’avenir à laquelle personne ne pourra s’opposer.
Selon le Père Greiche, "l’humeur de la population est bonne, même si la préoccupation de voir se répéter les violences de ces jours derniers est toujours là". "Ces violences sont toutefois arrivées en dehors du Caire", précise le prêtre qui se montre confiant. "Je pense que l’armée est forte et ne permettra pas de nouvelles violences".
Déçue, la population grogne
Selon le Père Greiche, la déception de la population face à l’aggravation de la situation économique, politique et sociale est à l'origine des manifestations populaires. L’essence et la nourriture manquent et les interruptions dans la distribution de l’électricité et de l’eau sont continuelles, ce qui n’arrivait pas auparavant, au temps de Moubarak… La sécurité, n’est plus assurée dans les villes.
Quant à Mohamed Morsi, qui avait été élu démocratiquement, il a réussi en un an à faire l’unanimité contre lui, alors qu’il avait remporté les élections législatives et présidentielle, et obtenu la ratification par référendum de la Constitution. La maladresse de la confrérie des Frères musulmans, sans expérience politique autre que celle de l’opposition, est l'une des causes de cette adversité croissante à l'encontre du président égyptien.
"Nous verrons ce qui se passera dans les prochaines heures. En attendant, priez pour l’Egypte", conclut le prêtre.
Apic/AL
