Si le bilan pastoral de ces JMJ brésiliens et l'espoir suscité auprès des jeunes catholiques est considéré comme largement positif, ces 28èmes JMJ n'en cristallisent pas moins de nombreuses critiques, essentiellement liées à une organisation jugée déficiente sur de nombreux points.
Pannes répétées dans les transports publics, choix discutable de Guaratiba, le lieu prévu initialement pour la veillée et la messe de clôture mais abandonné pour cause de mauvais temps, gestion souvent incompréhensible de la zone de Copacabana...Même le maire de Rio de Janeiro, Eduardo Paes, n'a pu qu'admettre les manquements dans l'organisation, allant jusqu'à attribuer aux services municipaux et de l'Etat la "note zéro".
Les forces de l'ordre ont été au centre des critiques. Elles ont ainsi été quotidiennement huées par des riverains, outrés de se voir empêchés de sortir ou de rentrer chez eux... une heure avant le passage du pontife et souvent plus d'une demi-heure après son départ de la plage de Copacabana. Généralement pour de bien obscures "raisons de sécurité". Un déficit de maîtrise qui, à moins d'un an de la Coupe du Monde de football, inquiète d'ailleurs de nombreux observateurs. Ces derniers ne manquent pas de souligner que les supporters de foot sont souvent plus difficiles à gérer que des pèlerins.
"Avec ce pape, quelque chose a changé"
Reste que pour la plupart des Brésiliens, la venue du pape restera un excellent souvenir. A l'image de Maria, 24 ans, une habitante du Complexe de l'Allemand, l'une des plus grandes favelas de Rio de Janeiro, venue assister, comme 3,2 millions de personnes, à la messe de clôture de ces JMJ, dimanche 28 juillet, sur la plage de Copacabana. "Je suis née catholique, mais vers l'âge de 18 ans, j'ai commencé à me détourner de l'Eglise, explique cette coiffeuse. Mais je sens qu'avec ce pape, quelque chose a changé. Et pas seulement pour moi. J'ai vu plein de gens dans mon quartier être heureux de découvrir un homme si simple, si accessible, si proche des gens pauvres. Du coup, je crois que, comme beaucoup de gens, je vais aller à la messe dimanche prochain".
De quoi conforter le Père Luis Antonio, prêtre de la paroisse et coordinateur de la pastorale des favelas de Rio de Janeiro, dans ses convictions : "Si l'Eglise catholique va vers les gens, les gens iront vers l'Eglise catholique", affirme-t-il au correspondant de l'Apic au Brésil.
AL/Apic
(Crédit photo : jmj.be)

