Allemagne : Un rapport œcuménique sur la liberté religieuse


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Allemagne : Un rapport œcuménique sur la liberté religieuse
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Mgr Schik, archevêque de Bamberg: "la liberté religieuse est un droit humain"

C’est une première : la Conférence des évêques allemands et l’Église évangélique d’Allemagne ont publié un document commun sur la liberté religieuse. Présenté lors d’une conférence de presse le lundi 1er juillet, par le pasteur Martin Schindehütte, vice-président du conseil de l’Église évangélique d’Allemagne (EKD) et par Mgr Ludwig Schick, archevêque de Bamberg et président de la commission pour l’Église universelle de la Conférence épiscopale allemande (DBK), le premier « Rapport œcuménique sur la liberté religieuse des chrétiens dans le monde » entend être un témoignage œcuménique important,. Pour Mgr Schick, il démontre le « souhait des deux Églises d’agir ensemble sur cette question ». Et d’ajouter : « Cette injustice qui fait que les chrétiens souffrent pour leur foi n’est pas une question confessionnelle. Nous voulons que le public parle donc d’une seule voix. Dans de nombreuses régions du monde, les Églises, les communautés chrétiennes et les croyants individuels sont harcelés, persécutés et leurs droits fondamentaux – en particulier leur droit à la liberté de religion – attaqués. »

Les deux Églises mènent déjà des actions régulières pour dénoncer les atteintes aux libertés fondamentales des chrétiens dans le monde. Les protestants ont fait du 2e dimanche de carême, un journée d’intercessions tandis que l’Eglise catholique a créé une journée spéciale de prière « pour les chrétiens persécutés et opprimés » le 26 décembre, jour de la Saint-Étienne. Mais avec ce premier rapport, toutes deux ont voulu aller plus loin, « en particulier dans la sensibilisation publique et politique sur les menaces et l’hostilité vécues par les chrétiens dans le monde ».

Liberté religieuse: un droit humain

Le rapport débute par un descriptif global de la situation, tout en définissant la liberté de religion et de convictions et en décrivant ses principales atteintes. Il détaille une description de la situation pays par pays, sur tous les continents. « Dans les États autoritaires, les restrictions à la liberté religieuse vont généralement de pair avec des restrictions d’autres droits de l’homme. Là où la liberté religieuse est violée, la liberté de réunion et la liberté d’expression le sont aussi bien souvent », a souligné Mgr Schick. Autre constat posé par le rapport : dans les situations de conflits, la foi est rarement seule en cause, même si des motifs religieux sont mis en évidence. En réalité, ils sont souvent dus à « la concurrence pour l’accès aux ressources », et présentés ensuite à travers le prisme de la religion, estiment les auteurs du rapport.

Bien que centré sur la situation des chrétiens dans le monde, cela ne signifie pas que les catholiques et protestants ignorent le sort des autres religions. « Pour les Églises chrétiennes, il n’y a pas d’alternative à la défense de la liberté religieuse pour tous et en tous lieux », a insisté le pasteur Schindehütte. « Je ne peux pas seulement prier pour mes frères et sœurs opprimés et ignorer tous les autres qui sont victimes de violations des droits de l’homme à cause de leur foi », a ajouté l’archevêque de Bamberg. Il s’agit bel et bien de revendiquer non pas un droit pour les chrétiens, mais bien un droit humain à la liberté religieuse. Pour rappel, Mgr Schick avait appelé, l'an dernier, à une loi sur le blasphème en Allemagne, en disant toutes les religions méritent une protection juridique contre les attaques afin de préserver la dignité humaine. "Ceux qui blessent les âmes des croyants avec le mépris et la dérision doit être remis à leur place et, dans certains cas également punis", avait-il déclaré à l'époque.

J.J.D. (avec La Croix)


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