Quand l’UE et HRW se fâchent contre la Hongrie…


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Quand l’UE et HRW se fâchent contre la Hongrie…
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Depuis l’arrivée au pouvoir en 2010 de Viktor Orban et de son parti, la Fidesz, et l’approbation d’une nouvelle Constitution, la Hongrie s’est attirée bon nombre de critiques de la part des institutions européennes et de ses partenaires de l’Union Européenne.

Le Conseil de l’Europe, dont la raison d’être est la promotion et la défense des droits de l’Homme, a la Hongrie dans sa ligne de mire. Les 14-15 juin, le Conseil, après avoir ouvert une procédure de suivi à l’égard de la Hongrie le 25 avril dernier, doit adopter un avis sur le 4e amendement de la loi fondamentale hongroise…

En effet, du fait qu’elle a remporté plus des deux tiers des sièges au parlement européen lors de l’élection de 2010, la Fidesz mis a profit cette large majorité pour apporter des changements majeurs au cadre juridique de la Hongrie, ce qui a fortement nui à la protection des droits humains et à l’état de droit. Agissant rapidement et sans consultation publique adéquate, le gouvernement a adopté et amendé une nouvelle constitution, et mis la pression pour faire adopter plus de 600 nouvelles lois, d'après un rapport de Human Rights Watch (HRW)daté du 16 mai.

Les changements constitutionnels et autres modifications juridiques ont restreint l’indépendance de l’institution judiciaire et le fonctionnement de la justice, ont contraint quelque près de 300 juges à prendre leur retraite anticipée, et ont imposé des limites à la compétence de la Cour constitutionnelle à réviser les lois et les plaintes.

Les changements apportés ont également eu un impact sur la liberté des médias. Les médias indépendants ont déclaré à Human Rights Watch qu’ils devaient recourir à l’autocensure du fait du contenu peu clair des règlements. L’organisme de contrôle des médias a tenté à plusieurs reprises de refuser une autorisation de diffuser à une station de radio indépendante, avant de finalement s’incliner devant les décisions successives prises par la Cour, lui imposant de délivrer l’autorisation.

Face aux critiques, le gouvernement hongrois, fait front et rejette toutes les accusations, n’hésitant pas à jouer la carte du nationalisme pour maintenir le soutien de la population à son égard.

« Tant au niveau de la Constitution, du droit des minorités, du droit de l’opposition, du droit de la presse, du contrôle sur la Cour constitutionnelle, tout cela va vers un rétrécissement des libertés et tout cela va dans la même direction : une vraie menace envers l’Etat de droit » énumère Jean-Michel De Waele, professeur de science politique à l’Université Libre de Bruxelles, interrogé par Radio Vatican. « Viktor Orban surfe sur la crise et l’opposition en Hongrie est décimée ; il n’y a pas de force politique contestatrice ou alternative forte à l’heure actuelle » constate le professeur.

Les Hongrois, quant à eux, ne semblent pas affectés par ces entorses à l’Etat de droit. «Ils sont divisés et vivent une crise économique et sociale considérable ». Ces questions de droit ne les intéressent pas au premier chef, explique l'universitaire.

AL/RadioVatican/HRW


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