Les traditionalistes défient à nouveau Rome !


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Les traditionalistes défient à nouveau Rome !
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
4 min

Ce 30 juin marquera le 25e anniversaire de l'ordination par Mgr Marcel Lefebvre, sans l'autorisation de Rome, de quatre évêques. Ce qui avait valu à celui-ci et aux prélats ordonnés, l’excommunication. Et si des tentatives de réconciliation ont été tentées jusqu’à l’an dernier, les « lefebvristes » défie à nouveau le Vatican. Rupture définitive ?

Dans une déclaration publiée à l’occasion de cet « anniversaire », la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) réaffirme ce qui est toujours son credo depuis sa création : le rejet de Vatican II et l'affirmation de la nécessité pour l'Eglise catholique de revenir à la Tradition qu'elle aurait abandonnée. De quoi mettre un terme aux négociations entamées sous Benoit XVI pour un rapprochement avec le Saint-Siège

Les trois évêques que compte la Fraternité, Mgr Fellay (supérieur de la FSSPX), Mgr Tissier de Mallerais et Mgr de Galarreta (Richard Williamson ayant été exclu l'an dernier), réaffirment leur volonté de « manifester leur reconnaissance filiale à l’égard de leur vénéré fondateur (Ndlr : Mgr Marcel Lefebvre) qui, après tant d’années au service de l’Eglise et du souverain pontife, pour la sauvegarde de la foi et du sacerdoce catholique, n’a pas hésité à subir l’injuste accusation de désobéissance ». Et de poursuivre : « A la suite de Mgr Lefebvre, nous affirmons que la cause des erreurs graves qui sont en train de démolir l’Église ne réside pas dans une mauvaise interprétation des textes conciliaires – une 'herméneutique de la rupture' qui s’opposerait à une 'herméneutique de la réforme dans la continuité' –, mais bien dans les textes mêmes, en raison du choix inouï opéré par le concile Vatican II. »

« L’Eglise honteusement guidée par la prudence humaine »

Les prélats de la FSSPX vont plus loin encore dans le défi verbal à l’égard de Vatican II et du Saint-Siège, affirmant que la liberté religieuse exposée par Dignitatis humanae et son application pratique depuis cinquante ans, « conduisent logiquement à demander au Dieu fait homme de renoncer à régner sur l’homme qui se fait Dieu, ce qui équivaut à dissoudre le Christ. Au lieu d’une conduite inspirée par une foi solide dans le pouvoir réel de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous voyons l’Eglise honteusement guidée par la prudence humaine et doutant tellement d’elle-même qu’elle ne demande plus rien d’autre aux Etats que ce que les loges maçonniques veulent bien lui concéder : le droit commun, au milieu et au même rang que les autres religions qu’elle n’ose plus appeler fausses. » Les trois évêques concluent donc que cinquante ans après le Concile, « les causes subsistent et engendrent toujours les mêmes effets. En sorte qu’aujourd’hui les sacres conservent toute leur justification. »

De toute évidence, il s’agit soit d’une rupture définitive avec Rome, soit d’une tentative – au demeurant maladroite car outrancière - de relancer les négociations entamées avec le Vatican et restées au point mort depuis fin 2012 et aussi depuis la renonciation de Benoit XVI et l’élection du pape François. Pourtant, Rome avait fait un geste : en 2009, le pape émérite avait levé les excommunications pesant sur les évêques de la FSSPX. Mais, depuis un an, les lefebvristes ont haussé le ton à plusieurs reprises, comme s'ils voulaient pousser Rome dans ses retranchements ou à adopter à leur égard une nouvelle position canonique, qui reviendrait sur la levée des excommunications. Cette hypothèses a d'ailleurs été évoquée le 25 juin dans la newsletter du site Radiosilence (qui recueille l'actualité liée à la FSSPX), lequel rapportait : « Le cardinal Müller, préfet de la Congrégation de la Foi au Vatican, a fait savoir à la Fraternité Saint Pie X qu’elle devrait renoncer aux ordinations annuelles prévues pour le 29 juin 2013 à Ecône. Selon Mgr Fellay il s’agit d’un casus belli. (…) Il se pourrait que Mgr Müller vise un nouveau ban (excommunication ?), en prétextant cette insoumission ou désobéissance »

Il ne faut pas négliger non plus le « courant fort » au sein de la Fraternité qui avait isolé, un moment, Mgr Fellay au sein de celle-ci. Comme ce courant était emmené par Mgr Williamson, entretemps exclu, on a pu croire erronément à l’affaiblissement de ceux qui sont partisans d’une ligne dure à l’égard de Rome et opposés à tout compromis ou rapprochement.

Rupture réelle ? A quoi peut-on s’attendre comme réaction du Vatican ? L’avenir le dira.

JJD (avec La Vie)

 

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