Prisons : attention, danger !


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Prisons : attention, danger !
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
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Editorial de Jean-Jacques Durré, paru dans le "Dimanche Express" n°19 du 26 mai 2013 :

Depuis peu, on reparle des prisons à la suite du vote du parlement, durcissant la loi de 2005 notamment à propos du statut juridique interne des détenus (systématisation des fouilles corporelles, non assimilation du travail en prison à un contrat de travail légal, possession d’un GSM devenue une faute grave, paiement par les détenus des dégâts commis à des biens mobiliers ou immobiliers de leurs lieux de détention).Ces modifications qui visent à améliorer la sécurité au sein des centres pénitentiaires. C’est un objectif éminemment important, au regard des gardiens confrontés parfois à des détenus violents, agressifs.

Si le but est louable, la façon d’y arriver pose problème. Est-ce vraiment en durcissant la loi que l’on va restreindre la violence et éviter les évasions et les agressions qui les accompagnent ? Dans le passé, l’application de la peine de mort n’a jamais empêché les meurtres.

La réforme pose question, car elle porte atteinte à la dignité humaine. C’est l’avis de l’Observatoire des prisons et la Ligue des Droits de l’Homme, qui dénoncent depuis très longtemps les conditions de vie dans les centres de détention, jugées inhumaines et dignes parfois du XVIIIe siècle. Bien sûr, les prisons abritent de dangereux criminels et des délinquants récidivistes, mais aussi 40% de détenus en préventive, donc présumés innocents. Et puis, malgré leurs fautes et leurs crimes, ces détenus n’ont-ils pas droit à la dignité ? Faut-il les abandonner à leur sort, et les conduire vers une déchéance et un désespoir qui sont les terreaux fertiles de la violence ? Le soir du Jeudi Saint, le pape François, en lavant les pieds de prisonniers, a montré que ce n’était pas la voie à prendre !

En modifiant plusieurs dispositions de la loi Dupont (du nom d’un ancien ministre de la Justice), nos gouvernants commettent une erreur.

La prison n’intéresse pas vraiment le monde politique. C’est un fait qu’il faut mettre en exergue. On le constate hélas depuis longtemps, notamment au travers des nombreuses grèves des gardiens qui réclament une revalorisation de leur statut et des conditions de sécurité plus fortes. Mais, ces dernières ne seront pas atteintes par des lois plus strictes. La violence en prison ne peut diminuer que si l’on respecte le détenu. Juger la faute et non l’être humain qui en est l’auteur, lequel a droit à la dignité comme chacun de nous. L’urgence est donc d’améliorer les conditions de vie dans les prisons, en s’attaquant à la promiscuité, à la surpopulation carcérale, à l’insalubrité, … Sans cela, c’est une bombe à retardement que mettent en place nos autorités !

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