C’est fort à l’aise, et conscient des défis qui l’attendent que l’abbé Jean-Pierre Delville, nouvel évêque de Liège, a rencontré la presse ce vendredi midi. Présenté par Mgr André-Joseph Léonard, président de la Conférence épiscopale de Belgique, il n’a pas caché que sa première réaction a été la crainte, mais vite effacée par le sentiment d’être porté dans cette nouvelle mission par l’Esprit saint.
Mgr Léonard a présenté ce vendredi midi celui qui succède à Mgr Aloys Jousten à la tête du diocèse de Liège : l’abbé Jean-Pierre Delville. L’archevêque de Malines-Bruxelles s’est réjoui de ce choix et surtout que cette nomination soit intervenue si vite, sept mois à peine après la renonciation à sa charge de Mgr Jousten. « Je connais Jean-Pierre Delville depuis 40 ans. Il a été mon élève au séminaire Léon XIII et l’un de mes successeurs au séminaire Saint-Paul à Louvain-la-Neuve ». Et d’ajouter avec sourire : « On peut le qualifier de ‘valeureux liégeois’ ». Pour Mgr Léonard, la nomination de Jean-Pierre Delville est un bel apport pour la conférence épiscopale : « Avoir un historien parmi nous est important, car il faut connaître le passé pour mieux appréhender l’avenir ».
Exprimant sa gratitude, Mgr Delville a, de son côté, déclaré que son premier sentiment a été la crainte lorsque le nonce apostolique lui a demandé s’il acceptait la charge. « Une crainte vite compensée par le fait que je me suis senti porté par l’Esprit saint et par de nombreuses amitiés. Je ne me suis donc pas ouvert à la frayeur mais bien à l’espérance ».
Tenant à remercier le pape François pour l’impulsion qu’il donne à l’Eglise et pour le souci des pauvres qu’il manifeste, Jean-Pierre Delville a parcouru les étapes de sa vie, mettant en avant à la fois son expérience de prêtre, de professeur et son appartenance à la communauté Sant’Egidio. « Celle-ci a marqué définitivement ma vocation, car l’engagement de la Communauté envers les plus défavorisés, c’est l’Evangile qui se concrétise ».
Le dynamisme de l’Eglise de Liège
La devise du nouvel évêque est « Le fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu »( « Fluminis impetus laetificat civitatem Dei») , correspondant au verset 5 du psaume 46. Cette l’inscription gravée sur les fonts baptsimaux de l’église saint Barthélémy à Liège, anciens fonts baptismaux de la cathédrale au XIIe siècle. Le choix de cette devise s’applique à la fois à Liège, que traverse la Meuse, et à l’eau du baptême. C’est surtout un symbole pour le nouvel évêque : « Le fleuve est le symbole de la présence de Dieu. Il enserre la ville pour la régénérer. Par ses sources, c’est la parole de Dieu qui est dispensée ».
Conscient des défis qui se présentent à l’Eglise, Jean-Pierre Delville a insisté sur la place de l'Evangile dans une société en pleine mutation et sur l'importance du rôle social de l'Eglise. « Les défis sont nombreux que ce soit la mondialisation, le rôle important des médias compte tenu de la rapidité de l'information », a –t-il expliqué. Concernant son diocèse, le nouvel évêque voit l'Eglise de Liège également en pleine mutation, avec des changements importants au niveau de l’organisation interne où les rôles sont plus diversifiés. Il a tenu à souligner le dynamisme de l'Eglise de Liège, notamment au niveau de l’action sociale. Pour Jean-Pierre Delville, l'Eglise doit être pionnière au niveau de la pauvreté et l’une de ses priorités, outre le souci des plus pauvres, portera sur la place de l'Evangile dans notre société en pleine mutation.
Interrogé sur le fait de savoir s’il n’avait pas un pincement au cœur d’avoir à quitter l’Université Catholique de Louvain (UCL), où il enseigne depuis 20 ans, Mgr Jean-Pierre Delville a eu une pensée pour le recteur, ses collègues, ses élèves et le personnel de l’université.
L’ordination épiscopale de Jean-Pierre Delville aura lieu à la cathédrale de Liège, le 14 juillet prochain à 15h, au cours d’une messe présidée par Mgr Léonard et concélébrée par Mgr Aloys Jousten ainsi que par le nonce apostolique Mgr Berloco, par l'évêque d'Anvers, Mgr Johan Bonny, et par Mgr Vincenzo Paglia, membre de Sant’Egidio et président du Conseil pontifical pour la famille. Entre le 31 mai et le 14 juillet, le siège épiscopal est donc vacant. Un administrateur diocésain sera chargé de l’expédition des affaires courantes.
Jean-Jacques Durré

