Les cours de religion divisent l’Espagne


Partager
Les cours de religion divisent l’Espagne
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

À la rentrée 2014, les cours de religion – essentiellement catholique, mais aussi évangélique, musulmane ou juive – deviendront à nouveau obligatoires dans les écoles espagnoles, tant publiques que privées. Les socialistes, qui avaient rendu cette matière facultative en 2006, accusent le gouvernement Rajoy de légiférer sous la "dictée" de la Conférence épiscopale et du Vatican.

En Espagne, les grandes lignes de l'enseignement religieux sont effectivement fixées par un accord avec le Vatican – un quasi-concordat –, qui prévoit que les cours de catéchèse soient dispensés dans toutes les écoles, publiques comme privées. Les professeurs sont nommés par l'Eglise catholique et rémunérés par l'administration publique. Mais le statut de cette matière n'a cessé d'osciller, au gré des majorités politiques.

En 2006, le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero avait rendu cette matière facultative et l'avait remplacée par un cours d’instruction civique obligatoire. Les élèves ne choisissant pas ce cours suivaient d’autres activités, décidées par les écoles. Après la réforme du gouvernement Rajoy, les élèves devront choisir entre religion et "Valeurs culturelles et sociales"… ou étudier les deux. Et les notes de ces matières seront prises en compte pour décider du passage en classe supérieur et obtenir des bourses académiques.

Les socialistes, aujourd’hui dans l’opposition, estiment que cette nouvelle réforme est un retour en arrière. Ils accusent le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, de légiférer sous la "dictée" de la Conférence épiscopale et du Vatican, et de "frôler l’intégrisme religieux".

Freiner le désintérêt des élèves

De leur côté, les évêques espagnols sont plutôt satisfaits. Ils comptent effectivement sur les modifications des conditions d’enseignement des cours de religion pour freiner le désintérêt des élèves. Depuis quatre ans, la chute des inscriptions aux cours de religion parmi les élèves de l’école publique est impressionnante: de 90 à 70% pour les 6-12 ans, de 70 à 50% pour les 12-16 ans et de 30 à 10 % pour les 16-18 ans. Plusieurs facteurs expliquent cette réalité: le fait que la discipline était non notée, la sécularisation grandissante et un certain discrédit de l’Église, suite notamment aux affaires de pédophilie.

Plus de Noël ni de Pâques dans les écoles des Asturies

Dans la principauté des Asturies, communauté autonome d'Espagne, c'est par contre le phénomène inverse qui est en train de se produire. Son gouvernement a effectivement envoyé aux écoles de la région une circulaire demandant que les références à des fêtes chrétiennes disparaissent des calendriers scolaires, afin de respecter "la sensibilité" de chacun. Une décision qui a provoqué la colère de l'Observatoire pour la liberté religieuse et la liberté de conscience, qui appelle le gouvernement des Asturies à prendre en compte le respect de la tradition.

P. A. (avec La croix et La Vie)


Dans la même catégorie