Le patriarche d’Antioche des maronites a profité d’un bref séjour au Vatican pour remettre au pape François un rapport détaillé sur la situation au Moyen-Orient, en particulier celle des communautés chrétiennes. "Le pape est inquiet et cherche toujours des moyens pour agir. Il a besoin de connaître la vérité objective des choses", a précisé le cardinal Béchara Boutros Raï.
Au terme de la messe concélébrée à la Maison Sainte-Marthe le 22 mai 2013, le patriarche a remis au pontife un rapport détaillé sur la situation des communautés chrétiennes au Moyen-Orient. "Le pape François ne cesse de s’intéresser à ce problème", a assuré le prélat libanais, qui a sollicité son intervention pour la paix en Syrie et au Moyen-Orient.
Interrogé sur la crise syrienne et sur la situation au Moyen-Orient, le cardinal Raï a affirmé que, si l’on persiste "à fournir les différents groupes fondamentalistes musulmans en argent et en armes", on coure "le grand risque que les musulmans qui sont dans leur grande majorité modérés passent du côté fondamentaliste". Dans ce cadre, a estimé le patriarche maronite, "les chrétiens du Moyen-Orient ont le grand rôle de garantir la modération musulmane". Etant donné que les chrétiens "s’affaiblissent à cause de la situation de guerre, de la situation économique, et émigrent, (…) on est en train d’obliger les musulmans modérés à passer du côté fondamentaliste". Et le cardinal d’avertir : "On est en train de jouer avec le feu et on risque de se brûler".
Evoquant les migrations massives de Syriens vers les pays frontaliers, dont le Liban, le cardinal Raï a assuré que son pays ne fermerait jamais ses frontières, pour des raisons humanitaires. ""Nous ne fermerons jamais les portes, même si nous avons au Liban 1,5 million de Palestiniens et 1,2 million de Syriens", a renchéri le patriarche, car "nous avons souffert et nous comprenons ce que c’est".
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